Yaoundé « Ville Propre » : Le sursaut républicain

Gazelle D'Afrique
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Face à l’insalubrité galopante qui ternit l’image de la capitale camerounaise, le Ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atanga Nji, a remobilisé les autorités administratives et municipales ce mercredi 21 janvier 2026. Entre dotations spéciales du Chef de l’État, nouvelles stratégies de collecte nocturne et surveillance accrue, le gouvernement lance une offensive d’envergure pour redonner à Yaoundé son lustre d’antan.

Le constat est sans appel : la « ville aux sept collines » suffoque sous les immondices. Ce mercredi, dans la salle de conférence du Ministère de l’Administration Territoriale (MINAT), l’ambiance était à la fermeté. Autour de Paul Atanga Nji, le gratin administratif de la région du Centre — Gouverneur, Préfet, Sous-préfets et Maires — s’est réuni pour diagnostiquer un mal qui ne finit plus de progresser.

Le ministre a dressé un inventaire alarmant. Sur un axe de seulement deux kilomètres, entre la Cathédrale Notre-Dame des Victoires et le quartier chic de Bastos, pas moins de 30 bacs à ordures débordent, transformant la chaussée en décharges à ciel ouvert. De la Montée Anne-Rouge au carrefour de l’Hôtel Diplomate, l’image de la capitale est dégradée, posant des risques sanitaires et environnementaux majeurs.

Face à cette situation jugée critique, le Chef de l’État, S.E. Paul Biya, a personnellement ordonné le lancement de l’opération « Ville Propre ». Pour donner des dents à cette initiative, une dotation spéciale a été octroyée à chaque commune d’arrondissement du Mfoundi. Ce soutien se traduit par l’acquisition de gros engins et de camions-bennes. Mais la lutte se joue aussi au corps-à-corps : dès ce vendredi, le MINAT distribuera un arsenal de proximité composé de 700 brouettes, 700 pelles, 700 balais et 700 râteaux. Chaque mairie disposera ainsi de 100 kits complets pour curer les caniveaux et nettoyer les artères secondaires.

L’une des annonces fortes de ce point de presse est le repositionnement des autorités administratives (Préfets et Sous-préfets) au centre du dispositif. Ils ne seront plus de simples spectateurs, mais des superviseurs directs. Le nouveau plan de bataille s’articule autour de trois axes majeurs : Surveillance hebdomadaire : Les Sous-préfets doivent désormais effectuer des descentes de terrain chaque semaine pour traquer les dépôts sauvages et sanctionner les comportements inciviques.

Collecte nocturne : Pour éviter les embouteillages monstres causés par les camions d’ordures, les sociétés Hysacam et Thychlof sont désormais sommées d’opérer prioritairement entre minuit et 6 heures du matin. Réorganisation de l’espace : Les Maires doivent identifier des sites de dépôt officiels, délocaliser les bacs encombrants et installer une signalétique d’interdiction stricte sur les anciens sites anarchiques.

Au-delà des camions et des balais, le ministre Paul Atanga Nji a insisté sur un point crucial : la responsabilité partagée. L’insalubrité n’est pas seulement un échec logistique, c’est aussi le reflet d’un incivisme grandissant. Des campagnes de sensibilisation seront intensifiées pour éduquer les riverains sur la gestion de leurs déchets ménagers. L’objectif est clair : discipliner la population tout en assurant un service de collecte irréprochable.

En remettant l’autorité administrative dans la boucle, le gouvernement espère créer un électrochoc. Yaoundé a 72 heures pour voir arriver son nouveau matériel, et beaucoup moins de temps pour changer ses habitudes.

La bataille pour une capitale propre est officiellement déclarée.

Hassan Beladjia

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