​SYLYAC MARIE MVOGO : LE GARDIEN DE LA « PAIX SOCIALE » DANS LE BRAS DE FER DE BONAMOUSSADI

Gazelle D'Afrique
Gazelle D'Afrique

Dans le tumulte administratif qui secoue la métropole économique, une voix s’élève avec une fermeté qui interpelle : celle du Préfet du Wouri. Alors que les dossiers fonciers de Bonamoussadi enflamment les états-majors de la Communauté Urbaine et des ministères, Sylyac Marie Mvogo semble avoir choisi une posture singulière, mais ô combien stratégique : celle du rempart contre l’instabilité. Au-delà de la querelle de compétences, analyse d’une méthode préfectorale qui place l’humain et la paix civile au-dessus des procédures froides.

Pour le Préfet du Wouri, la légalité ne doit pas être un rouleau compresseur. Si l’arrêté du MINDCAF et les titres fonciers de la Communauté Urbaine de Douala (CUD) sont des réalités juridiques incontestables, Sylyac Marie Mvogo rappelle une vérité de terrain : une ville comme Douala ne se gère pas uniquement à coups d’arrêtés.

En s’opposant à une exécution brutale des mesures de déguerpissement, le Préfet incarne la sagesse de l’autorité déconcentrée. Il sait que derrière les deux hectares de Bonamoussadi, se trouvent des centaines de citoyens dont la survie dépend de ce site. Son insistance sur la « sérénité » n’est pas une forme d’inertie, mais une exigence de dignité. C’est le refus de voir la modernisation de la ville se construire sur les décombres de la paix sociale.

L’évocation par le Préfet de son passage à la tête de la Mvila (Ebolowa) n’est pas fortuite. C’est le rappel d’un héritage de commandement où la proximité avec les populations prime sur la bureaucratie. À Douala, ville cosmopolite et potentiellement inflammable, Sylyac Marie Mvogo agit en expert de la gestion des foules.

Sa menace de dissoudre la police municipale, bien que perçue comme un coup de tonnerre, peut être analysée comme un rappel à l’ordre institutionnel nécessaire. En agissant ainsi, il évite que la décentralisation ne se transforme en un exercice de force incontrôlé. Il rappelle que la police, qu’elle soit nationale ou municipale, doit rester un instrument de protection et non un vecteur de traumatisme social.

Dans ce dossier, le Préfet du Wouri occupe la place difficile de l’arbitre. Il ne rejette pas le progrès — le projet de marché moderne est nécessaire — mais il en conteste la méthode. Pour lui, le développement ne vaut que s’il est inclusif et pacifié.

En tenant tête aux pressions qui poussent à une libération immédiate des emprises, il s’érige en protecteur des plus vulnérables. Il force les acteurs — MINDCAF, MAETUR et CUD — à s’asseoir autour d’une table pour envisager des solutions qui ne laissent personne sur le carreau. C’est la fonction même de l’État de proximité : tempérer l’ardeur des bâtisseurs par la prudence du garant de l’ordre public.

L’action de Sylyac Marie Mvogo à Bonamoussadi fera date. Elle souligne qu’à l’heure de la grande décentralisation, le Préfet reste une figure centrale, non pas pour bloquer, mais pour réguler. Sa fermeté actuelle est un signal envoyé à tous : la modernisation de nos cités doit se faire avec le peuple, et non contre lui.

Au final, si la sérénité revient à Douala Ve, ce sera sans doute grâce à cette capacité préfectorale à avoir su dire « stop » au nom de l’intérêt supérieur de la nation : la stabilité. Dans ce « grand théâtre administratif », le Préfet du Wouri a choisi de jouer le rôle le plus noble : celui de gardien de la paix.

Analyse de Arsène Nna 

 

Partagez cet article
Laissez un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *