Yato : Fin de crise, début de rigueur

Gazelle D'Afrique

Au chevet de l’usine de Yato ce dimanche 10 mai 2026, le Directeur Général de la CAMWATER, le Dr Blaise MOUSSA, ne s’est pas contenté de constater le retour à la normale de la production après 48 heures de tension. Cette visite de supervision a servi de rampe de lancement à un plan d’urgence structurel visant à immuniser la ville de Douala contre les ruptures de service. Entre modernisation technique, gestion des stocks critiques et sécurisation du domaine foncier, le Top Management dessine une nouvelle doctrine de réactivité pour le géant de l’eau.

La résolution en seulement 48 heures de l’incident sur l’électropompe de captage de Yato est un signal fort envoyé aux abonnés de la capitale économique. Pour une infrastructure de cette envergure, qui irrigue la majorité des foyers de Douala, une panne prolongée peut vite virer à la crise sociale. L’analyse de cette reprise de production à capacité nominale révèle une mobilisation « commando » des équipes techniques, mais surtout une volonté politique de ne plus laisser le temps s’égrainer face à l’urgence.

Cependant, le Dr Blaise MOUSSA semble avoir compris que le succès d’une réparation ne vaut que s’il s’accompagne d’un changement de méthode. C’est tout le sens des mesures de résilience prescrites avec une échéance ultra-courte : le mercredi 13 mai.

L’analyse des instructions du Directeur Général montre une rupture avec les anciennes habitudes d’approvisionnement. En exigeant le renforcement immédiat du stock de pièces critiques, la CAMWATER opte pour une souplesse d’exploitation . L’idée est simple mais vitale : ne plus attendre la panne pour commander la pièce, mais disposer d’un magasin de secours capable de parer à toute éventualité.

Plus significatif encore, l’accélération de la réhabilitation de l’atelier de maintenance de Yato vise à décentraliser la capacité de réaction. En renforçant l’autonomie technique de l’usine, la Direction Générale réduit la dépendance aux interventions extérieures et aux lenteurs logistiques. C’est une forme de souveraineté opérationnelle au cœur même de l’unité de production.

L’un des aspects les plus marquants de cette visite, souvent relégué au second plan, est la fermeté affichée vis-à-vis de l’occupation du domaine public aux abords de l’usine. En exigeant la signature d’actes de reconnaissance de précarité et l’arrêt immédiat des chantiers riverains, le Top Management s’attaque à un mal profond : l’asphyxie des infrastructures par l’urbanisation anarchique.

Protéger les abords de Yato, ce n’est pas seulement défendre le patrimoine de l’État ; c’est garantir la sécurité industrielle du site. Les constructions illicites constituent des menaces pour les réseaux enterrés et compliquent les accès en cas d’intervention lourde. En sensibilisant les populations tout en imposant des actes juridiques, le Dr Blaise MOUSSA rappelle que la production d’eau potable est une mission régalienne qui ne saurait être compromise par des intérêts particuliers.

Le mot d’ordre est désormais la prévention. La volonté de passer d’un mode « pompier » (maintenance curative) à un mode « pilote » (maintenance préventive) est le fil d’Ariane de cette visite. Pour Douala, cela signifie une distribution plus stable et moins de variations de pression, souvent responsables de la fragilisation des tuyauteries.

En conclusion, la descente à Yato ne marque pas seulement la fin d’un incident technique, mais le début d’une ère de rigueur administrative et technique. Le Dr Blaise MOUSSA transforme un aléa industriel en une opportunité de réajustement structurel.

Arsène Nna 

 

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