La Namibie vient d’écrire un chapitre historique dans l’annale de l’émancipation féminine en politique, se positionnant ainsi comme un phare sur le continent africain, où de nombreuses nations peinent encore à concrétiser l’égalité des sexes dans les sphères du pouvoir.
Alors que bon nombre de ses pairs africains continuent de traîner le pas, souvent entravés par des structures patriarcales tenaces et des mentalités conservatrices, la Namibie s’est audacieusement engagée sur la voie de la pleine inclusion, offrant un exemple édifiant de ce qu’une volonté politique affirmée peut accomplir.
L’ascension de Netumbo Nandi-Ndaitwah à la présidence, accompagnée de Lucia Witbooi à la vice-présidence, n’est pas qu’une simple anecdote locale ; c’est une déclaration retentissante. Tandis que de nombreux pays africains débattent encore de la faisabilité, voire de la pertinence, d’avoir une femme à la tête de l’État, la Namibie l’a non seulement réalisé, mais l’a fait avec une détermination qui dément les sceptiques.

Cette configuration au sommet de l’exécutif contraste vivement avec des réalités où la représentation féminine se limite souvent à des portefeuilles ministériels secondaires, si tant est qu’elle existe. Mais l’engagement namibien ne s’arrête pas là. La nomination de Saara Kuugongelwa-Amadhila à la présidence de l’Assemblée nationale envoie un signal fort aux législatures du continent, souvent dominées par des figures masculines.
Tandis que d’autres parlements luttent pour atteindre des quotas minimaux, la Namibie démontre qu’il est non seulement possible, mais bénéfique, de confier les rênes du pouvoir législatif à une femme d’expérience et de vision. Cette approche proactive déconstruit l’idée selon laquelle les femmes seraient moins aptes à diriger les institutions clés de l’État.
Le fait que le gouvernement namibien compte désormais 50% de ministres femmes est, en soi, une prouesse quasiment sans équivalent sur le continent. Alors que la plupart des cabinets ministériels africains peinent à dépasser le seuil des 20 ou 30% de femmes, la Namibie a délibérément choisi de placer la parité au cœur de sa gouvernance.
Cette décision va bien au-delà de la simple conformité aux objectifs de développement durable ; elle témoigne d’une conviction profonde que la diversité des perspectives est essentielle pour une gouvernance plus efficace, plus juste et plus représentative des aspirations de l’ensemble de la population. En agissant de la sorte, la Namibie ne se contente pas de rattraper son retard ; elle prend les devants. Elle envoie un message clair et retentissant à ses homologues africains : l’heure n’est plus aux atermoiements et aux excuses.

L’inclusion des femmes aux plus hauts niveaux de décision n’est pas une option, mais une nécessité impérieuse pour le progrès et la stabilité. La Namibie est un miroir tendu aux autres nations africaines, les invitant à accélérer le pas et à embrasser pleinement le potentiel inexploité du leadership féminin pour un avenir plus prospère et équitable.
Iroko Mohaman
