En marge de la Conférence Internationale sur le Hadj et la Oumrah à Djeddah, l’Arabie Saoudite est devenue l’espace d’une rencontre diplomatique singulière. Ce jeudi 13 novembre 2025, trois figures majeures de l’autorité traditionnelle du Grand Nord camerounais à l’instar des Lamibés de Bogo, Girvidig et Pouss ont effectué une visite de courtoisie au Consul Général du Cameroun. Une initiative qui, au-delà du protocole, vient réaffirmer la place centrale des chefs traditionnels dans la stratégie de cohésion nationale prônée par Yaoundé et souligne leur rôle croissant dans la diplomatie d’influence du Cameroun à l’étranger.
C’est un parterre d’autorités traditionnelles du Grand Nord qui a été accueilli au Consulat Général du Cameroun à Djeddah. Le Ministre Plénipotentiaire Oumarou Nchare, Consul Général, a reçu en audience Leurs Majestés Bello Mohamadou, Lamido de Bogo, Adamou Mati, Lamido de Girvidig, et Oumar Mahamat, Lamido de Pouss. Le caractère solennel de cette rencontre a été renforcé par la présence de Son Excellence Iya Tidjani, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Cameroun auprès du Royaume d’Arabie Saoudite. Sa présence à Djeddah, dans le cadre de la Conférence Internationale sur le Hadj et la Oumrah, a offert un cadre opportun pour cette réunion de haut niveau.
Au centre des discussions, plusieurs sujets fondamentaux ont été abordés, tous convergents vers le rôle essentiel de la chefferie traditionnelle dans la vie du pays. Les échanges ont notamment porté sur « le rôle fondamental que jouent les autorités traditionnelles dans la préservation de la paix, la promotion des valeurs culturelles et spirituelles, ainsi que dans la consolidation de l’unité nationale ».
Ces Lamibés, figures respectées et dépositaires d’une histoire riche, sont reconnus par l’État comme des relais cruciaux pour l’administration et la sensibilisation des populations. Leur implication est perçue comme un bouclier contre les dérives et un vecteur puissant de vivre-ensemble dans une région souvent confrontée à des défis sécuritaires.
L’autre axe majeur de la rencontre a concerné « la valorisation du patrimoine culturel national à l’étranger et la place des chefferies traditionnelles dans la diplomatie d’influence du Cameroun ». En accueillant ces figures de la tradition en terre saoudienne, le Consulat de Djeddah ne faisait pas qu’un simple exercice de courtoisie. Il s’agissait d’une démarche délibérée visant à intégrer les symboles culturels forts du Cameroun dans son action diplomatique. En exposant la richesse et la diversité de son patrimoine à l’étranger, l’État camerounais cherche à consolider une image de nation unie et diverse, utilisant le soft power culturel pour gagner en influence sur la scène internationale.
Cette visite s’inscrit, selon le communiqué, « dans le cadre des efforts constants du Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Paul Biya, en faveur du renforcement du dialogue entre l’État et les chefferies traditionnelles ». Elle illustre la stratégie présidentielle visant à faire des chefferies des « piliers essentiels de la cohésion nationale ». La rencontre s’est conclue de manière conviviale autour d’un déjeuner à la résidence du Consul Général, marqué par une prière fervente élevée pour «
Un dénouement spirituel qui rappelle la nature profonde des liens unissant ces autorités à leurs communautés.
Arsène Nna







