Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté une décision historique en levant les immunités parlementaires de Joseph Kabila, ancien Président de la République et sénateur à vie.
Cette décision ouvre désormais la voie à des poursuites judiciaires contre lui pour des crimes graves, notamment la haute trahison, la participation à un mouvement insurrectionnel et les crimes de guerre.
Cette décision fait suite à un réquisitoire accablant de l’auditeur général des Forces armées de la RDC, qui accuse Joseph Kabila d’avoir collaboré avec la rébellion armée du M23/AFC, soutenue par le Rwanda.
Selon les allégations, Joseph Kabila aurait entretenu des liens étroits avec les insurgés et facilité l’agression d’une puissance étrangère contre la RDC. Le réquisitoire repose sur des témoignages crédibles, notamment celui d’Éric Nkuba, qui affirme avoir été témoin d’un échange téléphonique compromettant entre Joseph Kabila et Corneille Nangaa, figure de proue de la coalition rebelle AFC/M23.
Ce témoignage aurait également été porté à la connaissance de la Cour pénale internationale. Joseph Kabila risque désormais d’être traduit devant la Haute Cour Militaire pour des infractions graves, en vertu des articles 104, 107 et 153 de la Constitution, ainsi que l’article 120b du Code de justice militaire.
Cette décision marque un tournant politique majeur dans un contexte de tensions persistantes dans l’est du pays et d’exigence croissante de justice et de lutte contre l’impunité.
Alexandre Kabandoré, crpdt à Kinshasa
