Bassirou Diomaye Faye face à Macron : Le début d’une nouvelle ère ? Ou la Fin du « Françafrique »?

Gazelle D'Afrique
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Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu ce matin avec son homologue français, Emmanuel Macron, lors d’un petit-déjeuner de travail à l’Élysée. En marge de sa participation à la rencontre des entrepreneurs de France (La Rencontre des Entrepreneurs de France), cette visite de haut niveau est bien plus qu’une simple courtoisie diplomatique. Elle marque un moment charnière, potentiellement porteur de changements majeurs dans la relation entre le Sénégal et son ancienne puissance coloniale. L’objectif de cette rencontre semble clair : apaiser les tensions récentes et ouvrir la voie à une nouvelle ère de coopération.

La rencontre entre les deux chefs d’État revêt une importance capitale, surtout dans le contexte d’une montée du sentiment anti-français en Afrique de l’Ouest. Après des années de relations marquées par un certain paternalisme et des partenariats souvent jugés inégaux, la visite de Bassirou Diomaye Faye en France est une occasion unique de rééquilibrer la balance.

Le président sénégalais, élu sur un programme de souveraineté et de rupture, pourrait obtenir de la France des engagements concrets sur des sujets sensibles. Parmi les retombées possibles, plusieurs dossiers brûlants sont sur la table. Premièrement, la coopération économique. Le Sénégal cherche à diversifier ses partenaires et à attirer des investissements qui bénéficient directement à sa population.

La discussion avec Emmanuel Macron pourrait déboucher sur des partenariats plus équitables, loin des accords d’exploitation unilatéraux. Cela pourrait concerner des secteurs clés comme les énergies renouvelables, l’agriculture et les infrastructures, avec une plus grande transparence et un réel transfert de compétences.

Deuxièmement, la question du Franc CFA et de la souveraineté monétaire. Bien que le sujet soit complexe, il est au cœur du discours des nouveaux dirigeants sénégalais. Un dialogue ouvert sur la réforme ou la sortie de cette zone monétaire pourrait être un signe fort de la reconnaissance par la France des aspirations de ses partenaires africains à une plus grande autonomie financière.

Une telle discussion, même sans conclusion immédiate, serait un geste symbolique d’écoute et de respect.

Troisièmement, la politique migratoire et l’octroi des visas. Ce sujet est une source de friction constante entre les deux pays. Un assouplissement des procédures, ou du moins une discussion sur une approche plus humaine et respectueuse, pourrait avoir un impact direct et positif sur la vie de milliers de Sénégalais.

Finalement, cette rencontre est un test pour la capacité d’Emmanuel Macron à s’adapter à la nouvelle vague de dirigeants africains, plus jeunes, plus radicaux et plus exigeants. C’est un pas vers un dialogue d’égal à égal, fondé sur le respect mutuel et des intérêts partagés, et non plus sur des liens d’un autre temps.

Si elle est menée avec succès, cette rencontre pourrait servir de modèle pour les relations futures entre la France et le continent africain, marquant le début d’une nouvelle ère. Le Sénégal a l’opportunité de s’affirmer comme un acteur majeur et indépendant, forçant la France à reconsidérer sa position sur le continent.

La rédaction

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