Face à la tempête médiatique née de l’interpellation de quatre professionnels de la presse à Yaoundé, la réaction du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) était vivement attendue. À l’entame de ses propos lors de la cérémonie des Awards des communes ce jour, Alamine Ousmane Mey est sorti du silence par un message manuscrit empreint de dignité, coupant court aux amalgames et recadrant un débat instrumentalisé.
Pendant plusieurs jours, le tribunal populaire des réseaux sociaux et certains plateaux de télévision ont alimenté un récit accusateur, désignant le MINEPAT comme le commanditaire direct de la rétention de quatre journalistes. Pourtant, sur le plan strictement juridique, l’accusation s’effondre : aucune plainte n’a jamais été déposée par le membre du gouvernement ou par ses services.
Refusant de céder à la surenchère ou de s’enfermer dans un mutisme stérile, Alamine Ousmane Mey a choisi la voie de l’apaisement et du respect républicain. Dans un message manuscrit, rédigé et signé de sa main, il a tenu à fixer le cap :
« À propos des médias, j’ai une très grande estime pour la profession. J’ai du respect pour les journalistes qui en assument la responsabilité. Rien ne pourra réduire cette estime à la dimension physique d’une paire de lunettes, encore moins à sa valeur vénale. »
En une formule ciselée, le ministre ramène l’incident matériel à sa juste proportion et réaffirme sa haute idée de la fonction journalistique, éteignant ainsi les procès d’intention.
Cette prise de parole remet les pendules à l’heure et permet de dissocier l’autorité politique des agissements de la chaîne de sécurité. En l’absence de toute instruction ministérielle ou de procédure judiciaire initiée par le MINEPAT, la responsabilité de la garde à vue au Commissariat Central n°1 relève exclusivement de l’appréciation des forces de maintien de l’ordre en charge de la sécurisation du site.
De surcroît, les révélations faites par les journalistes libérés — faisant état de la disparition de sommes d’argent qu’ils détenaient avant leur placement en détention — orientent le problème vers des manquements internes et un abus de pouvoir au sein de la brigade d’enquête, totalement étrangers à l’action ministérielle.
En soulignant son respect pour « les journalistes qui en assument la responsabilité », Alamine Ousmane Mey pose également une pierre dans le jardin de la profession. Car cette affaire met en lumière des failles déontologiques préexistantes : défauts d’accréditation, non-respect des canaux d’accès à l’information et comportement de certains acteurs qui s’étaient déjà vu interdire l’accès au Palais des Congrès par leur propre confrère, le Directeur de ladite structure.
Alors que des appels au boycott hâtifs ont été lancés par certaines associations de presse, la hauteur de vue du ministre invite la corporation des médias à un examen de conscience. L’indignation légitime face aux atteintes à la liberté de la presse ne doit pas dispenser d’une rigueur absolue dans la vérification des faits avant de livrer un homme d’État à la vindicte publique.
Par ce geste fort, Alamine Ousmane Mey démontre qu’un véritable leader sait élever le débat au-dessus de la polémique, rappelant que la confiance entre les institutions et les médias exige de la responsabilité de part et d’autre.
Arsène Nna

