Reprise des classes : L’Éducation de base face à la réticence des parents au Logone et Chari

Gazelle D'Afrique
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À la suite de la note préfectorale ordonnant la reprise effective des cours dans le département du Logone et Chari, la réticence persiste. Le délégué départemental de l’Éducation de base confirme la présence des enseignants, pointant du doigt le manque de volonté historique des parents. Si la crise post-électorale sert aujourd’hui de prétexte, elle ne fait que raviver une vieille lutte entre l’école et les activités économiques traditionnelles, mettant la détermination des autorités à rude épreuve.

Suite à l’instruction du préfet du département du Logone et Chari officialisant la reprise effective des cours, les regards se tournent désormais vers les établissements scolaires. Si les autorités tentent de normaliser la situation, la réalité sur le terrain révèle un obstacle majeur : la mobilisation des élèves. Le Délégué départemental de l’Éducation de base du Logone et Chari a tenu à rassurer et à interpeler. « Nous attendons que les élèves viennent, que les parents mettent les enfants sur le chemin de l’école. Les enseignants sont à leurs postes de travail, » a-t-il déclaré.

Cette mise au point est révélatrice : le cœur du problème ne réside pas dans la disponibilité ou la volonté du corps enseignant, qui a répondu présent à l’appel. Le nœud du blocage se situe bel et bien au niveau des familles.

Comme nous l’avions souligné dans nos précédents reportages, la réticence des parents du Logone et Chari à scolariser leurs enfants est un phénomène persistant. Depuis longtemps, l’école est perçue comme un concurrent direct au commerce et à l’élevage, activités jugées plus immédiatement rentables et utiles pour la survie des ménages.

Cette préférence pour les activités économiques au détriment de l’éducation a toujours été l’objet d’une lutte acharnée menée par les responsables de l’Éducation, à travers de nombreuses campagnes de sensibilisation.

Aujourd’hui, le contexte de crise post-électorale, avec son lot d’incertitudes, pourrait servir de justification idéale pour un retour à la case départ : l’abandon de la scolarisation. Les parents pourraient y voir un « prétexte valable » pour s’affranchir de la pression institutionnelle et maintenir leurs enfants hors des salles de classe.

Toutefois, la position des institutions et de leurs représentants est claire : il n’est pas question de céder. Les responsables restent fermes sur le principe de l’obligation scolaire et de la normalisation de la vie éducative dans le département.

Le défi pour l’Éducation de base est désormais de transformer cette fermeté en présence effective des élèves, une mission qui passe impérativement par la persuasion des familles. Vivement que le retour à la paix soit et que les parents comprennent !

Arsène Nna

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