ONU : Le choc des titans sous l’arbitrage somalien

Gazelle D'Afrique

Rarement l’enceinte des Nations unies n’avait connu une telle tension. Après le discours d’ouverture de l’ambassadeur somalien, les trois « poids lourds » du Conseil de sécurité — les États-Unis, la Russie et la Chine — se sont livré une joute oratoire d’une violence rare. Entre défense de la « libération » et dénonciation d’un « gangstérisme d’État », chaque puissance a abattu ses cartes dans ce qui ressemble désormais à une nouvelle Guerre froide.

Prenant la parole en premier, l’ambassadeur américain Mike Waltz a balayé les accusations d’agression illégale. Pour Washington, l’opération contre Nicolas Maduro ne relève pas de la guerre, mais de l’application du droit pénal international. Le statut de « fugitif » : L’ambassadeur a martelé que Nicolas Maduro n’était plus considéré par Washington comme un chef d’État, mais comme un « narcoterroriste international » faisant l’objet d’un mandat d’arrêt.

La « Transition Inévitable » : Les États-Unis ont exhorté le Conseil à ne pas pleurer un dictateur mais à soutenir la mise en place d’un gouvernement civil. Waltz a conclu par un avertissement à peine voilé : les États-Unis assureront la stabilité du Venezuela, « avec ou sans le soutien de cette assemblée ».

La réplique russe a été immédiate et cinglante. L’ambassadeur russe, dénonçant ce qu’il appelle une « parodie de justice », a utilisé des termes très durs. Crime contre la souveraineté : Pour Moscou, l’exfiltration de Maduro est un « enlèvement d’État » qui détruit les fondements mêmes de la diplomatie mondiale. « Si nous laissons faire cela aujourd’hui à Caracas, quel président sera kidnappé demain par Washington ? » s’est-il interrogé.

Exigence de libération : La Russie a déposé un projet de résolution exigeant la libération immédiate et inconditionnelle du couple présidentiel vénézuélien, tout en prévenant que la Russie ne reconnaîtrait aucune autorité imposée par la force.

Fidèle à sa diplomatie du pragmatisme, Pékin a adopté un ton plus posé mais tout aussi ferme sur le fond, s’inquiétant des répercussions systémiques. Violation du droit international : La Chine a rappelé son attachement indéfectible au principe de non-ingérence. Elle a dénoncé l’usage de la force militaire pour régler des différends politiques.

Inquiétudes économiques : Pékin a exprimé sa « profonde préoccupation » concernant la sécurité des investissements étrangers au Venezuela et le respect des contrats pétroliers existants, rappelant que le pays lui doit des dizaines de milliards de dollars. La Chine exige des garanties que la nouvelle administration honorera les engagements du pays.

Le contraste est frappant : Les États-Unis agissent au nom d’une moralité judiciaire transfrontalière. La Russie se pose en rempart contre l’unilatéralisme américain. La Chine agit en puissance protectrice du droit et de ses intérêts économiques. Au milieu de ce tumulte, l’ambassadeur somalien a dû suspendre la séance pour des consultations privées, face à l’impossibilité de concilier ces positions antagonistes.

Le risque de voir les États-Unis utiliser leur droit de veto contre la résolution russe — et vice versa — semble inévitable.

Correspondance Particulière

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