Venezuela : Le pétrole sous haute surveillance américaine

Gazelle D'Afrique
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Venezuelan oil exports fell to a new low on Monday, November 2, 2020 in Lagunillas, Venezuela. A historic 359,000 barrels per day (bpd) exported in October. Because most of the long-term clients of the state PDVSA. They stopped their purchases before the deadline established by Washington was approaching, to suspend business with the oil company. the United States set the deadline between October and November for PDVSA's long-term clients, including Italy's Eni, Spain's Repsol and India's Reliance Industries, to stop oil trading. (Photo by Humberto Matheus/Sipa USA)/31304805//2011031335

Vingt-quatre heures après l’arrestation de Nicolas Maduro, les premières mesures de l’administration provisoire à Caracas révèlent une volonté de reprise en main radicale du secteur énergétique. Entre maintien de l’embargo pour les structures bolivariennes et tapis rouge pour les majors occidentales, Washington dessine les contours d’une économie vénézuélienne sous tutelle.

Le premier geste symbolique de l’administration de transition a été de placer la compagnie pétrolière nationale, PDVSA, sous une gestion d’urgence. L’objectif affiché est de démanteler les réseaux de financement de l’ancien régime tout en auditant les comptes de l’entreprise. Toutes les transactions financières de PDVSA ont été gelées pour empêcher l’exfiltration de capitaux vers l’étranger par les anciens cadres.

Washington a confirmé que le blocus maritime restait en vigueur pour tous les navires transportant du brut via des circuits non autorisés (notamment vers la Chine et l’Iran), qualifiés de « commerce illicite ».

Le président Donald Trump a été très explicite : l’avenir du pétrole vénézuélien passera par le savoir-faire américain. Des annonces majeures ont déjà été faites pour attirer les investisseurs étrangers. L’administration provisoire a déjà entamé des discussions pour permettre à des géants comme Chevron et ExxonMobil d’étendre leurs opérations. L’idée est de passer d’une simple maintenance des installations à une exploitation et une exportation à pleine capacité.

Des fonds d’urgence pourraient être débloqués pour réparer les raffineries et les terminaux portuaires de l’Orénoque, dégradés par des années de sous-investissement et de sanctions.

La gestion des ressources ne se limite pas à l’extraction. L’administration provisoire a défini trois axes prioritaires : Réduction des prix mondiaux : En augmentant massivement la production vénézuélienne (visant le retour à 2 ou 3 millions de barils par jour), Washington espère stabiliser le marché mondial et affaiblir l’influence de l’OPEP+. Remboursement de la dette : Une partie des revenus pétroliers futurs sera sanctuarisée pour rembourser les créanciers internationaux, une mesure destinée à redonner confiance aux marchés financiers. Fonds de reconstruction : Un pourcentage des redevances sera directement alloué à un fonds social pour lutter contre la pauvreté extrême, un argument clé pour gagner le soutien de la population locale.

L’annonce de cette reprise en main a provoqué une forte volatilité. Si les prix du brut ont d’abord grimpé par crainte de l’instabilité, la perspective d’une offre vénézuélienne massive à moyen terme commence à peser sur les cours du Brent. Cette « pétro-transition » soulève toutefois des critiques majeures de la part de la Chine et de la Russie, qui voient leurs propres investissements et contrats pétroliers menacés d’annulation par la nouvelle administration.

Correspondance Particulière

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