Au lendemain de l’intervention américaine au Venezuela, la figure de proue de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a pris la parole avec une virulence rare. Dénonçant une violation brutale du droit international et « l’enlèvement » du président Nicolas Maduro, le député français appelle à un sursaut de souveraineté et pointe du doigt les intérêts pétroliers de Washington.
Pour Jean-Luc Mélenchon, l’intervention des États-Unis au Venezuela n’est pas une simple opération de maintien de l’ordre mondial, mais le retour des « habitudes impériales les plus détestables ». Dans une allocution empreinte de gravité, il décrit un monde qui bascule dans une phase dangereuse où une superpuissance s’autorise à agir chez ses voisins par la force.
L’argument sécuritaire américain ne convainc pas l’élu français. Selon lui, la lutte contre le narcotraffic n’est qu’un « prétexte » grossier. Le véritable moteur de cette offensive serait le contrôle des ressources naturelles. Mélenchon dresse un parallèle historique avec les interventions en Afghanistan et en Irak : partout, le pétrole serait la cause réelle des dégâts et des morts. Il voit dans cette opération une « mainmise » directe de Donald Trump sur la ressource qui fonde la puissance américaine.
L’un des points les plus saillants de sa critique porte sur l’indifférence internationale et l’hypocrisie des puissances occidentales. Mélenchon s’insurge contre la distinction faite entre les « bonnes » et les « mauvaises » invasions. Il cite l’Ukraine et Gaza comme des exemples d’agressions condamnées ou débattues. Il martèle qu’il n’existe que de « mauvaises invasions ». * Il fustige l’impuissance de l’ONU, dont les membres permanents du Conseil de sécurité violent eux-mêmes les règles qu’ils sont censés protéger.
Le député ne ménage pas l’exécutif français. Il déplore le silence d’Emmanuel Macron et la « confusion » de son ministre des Affaires étrangères. Pour lui, la France a perdu sa voix propre en s’alignant sur une « servilité européenne » dictée par Bruxelles et Washington. Il plaide pour un retour à une France « non-alignée », garante du droit international plutôt que satellite d’un empire.
En conclusion, Jean-Luc Mélenchon exige la libération immédiate de Nicolas Maduro et de son épouse, qualifiant leur détention de « capture ». Il avertit ses compatriotes : ce qui se joue à Caracas n’est pas une aventure lointaine, mais une menace directe pour la souveraineté de toutes les nations, y compris la France.
« Agresser, c’est toujours agresser un peuple », conclut-il, réaffirmant son soutien total au gouvernement légal vénézuélien face à ce qu’il nomme la « propagande de l’empire ».
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