Dans un contexte international complexe où la quête de liquidités souveraines s’intensifie, le ministre des Finances du Cameroun, Louis Paul Motaze, a reçu à Yaoundé une influente délégation d’investisseurs internationaux menée par le géant financier Bank of America Securities. Cette rencontre de haut vol illustre la volonté ferme des autorités camerounaises de maintenir le cap de leur diplomatie financière, quelques semaines après les grands rendez-vous économiques internationaux, afin de consolider la trajectoire de croissance du pays.
Au cœur des discussions de cette table ronde stratégique figuraient les paramètres fondamentaux de l’économie camerounaise : les perspectives macroéconomiques globales, la trajectoire de la dette publique et, surtout, l’architecture financière du budget de l’État pour 2027 ainsi que la programmation budgétaire à moyen terme 2027-2029.
Pour le Trésor public, l’enjeu est de rassurer la communauté financière internationale quant à la soutenabilité de la signature souveraine camerounaise et d’explorer des mécanismes innovants de levée de fonds. Les échanges se sont d’ailleurs prolongés au siège de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), offrant aux investisseurs un panorama précis de l’écosystème monétaire de la CEMAC, de la robustesse des réserves de change sous-régionales et de la dynamique du marché des titres publics.
Conscient que la mobilisation de capitaux étrangers doit s’accompagner d’une plus-value réelle pour l’économie réelle, le gouvernement a mis en avant les leviers prioritaires de son développement :
* L’Agriculture et l’agro-industrie : Visée comme le socle de la sécurité alimentaire et de la réduction des importations, la transformation locale des matières premières s’impose pour générer de la valeur ajoutée et des emplois durables.
* L’Énergie : La valorisation optimale des gisements hydroélectriques et gaziers demeure la clé de voûte pour garantir la compétitivité du tissu industriel national et l’accès élargi à l’électricité.
* Les Mines et l’industrie : L’exploitation rationnelle et la transformation sur place des ressources minières constituent un accélérateur incontestable d’industrialisation.
* Les Infrastructures et les transports : Des corridors logistiques performants sont indispensables pour fluidifier les échanges et dynamiser l’intégration au sein de la sous-région.
Au-delà des agrégats macroéconomiques et des indicateurs de dette, l’ambition affichée par l’exécutif est résolument sociale. L’accueil de cette délégation conduite par Bank of America Securities ne se résume pas à un exercice de séduction financière ; il vise à transformer chaque dollar investi en création d’emplois décents pour la jeunesse, en renforcement du secteur privé local et en essor des infrastructures structurantes.
En misant sur ce partenariat renforcé avec les marchés internationaux, le Cameroun réaffirme sa position de carrefour économique attractif en Afrique centrale, déterminé à mobiliser les ressources nécessaires pour conjuguer stabilité budgétaire et prospérité partagée.
Ebale Mvondo


