En marge des Assemblées annuelles 2026 du Fonds Monétaire International (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale à Bangkok, la diplomatie économique camerounaise a franchi une étape décisive. Le 17 octobre 2026, la délégation ministérielle conduite par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT), et Louis Paul Motaze, ministre des Finances (MINFI), s’est entretenue lors d’une séance de travail cruciale avec Ousmane Diagana, Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Au-delà du protocole coutumier de ces grands rendez-vous financiers internationaux, cette rencontre bilatérale de haut niveau pose un diagnostic lucide et ambitieux sur le portefeuille de coopération entre Yaoundé et l’institution de Bretton Woods.
La relation entre le Cameroun et la Banque mondiale s’inscrit historiquement dans un partenariat de longue date. Toutefois, l’environnement macroéconomique mondial actuel impose un changement d’échelle. Les discussions de Bangkok ont placé la question du suivi rigoureux des projets et de l’efficacité de la dépense publique au cœur de l’agenda.
Pour le Cameroun, il ne s’agit plus seulement de mobiliser des financements, mais de garantir une absorption rapide et optimale des ressources financières contractées. Les contraintes d’exécution, parfois ralenties par des lourdeurs bureaucratiques ou des défis logistiques sur le terrain, font désormais l’objet d’une attention partagée. L’intervention d’Ousmane Diagana témoigne de l’engagement de la Banque mondiale à accompagner le Cameroun vers une gestion axée sur des résultats concrets et mesurables pour les populations.
Ce dialogue de haut niveau réaffirme la primauté de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) comme cadre de référence unique. Portée par la vision d’une transformation structurelle de l’économie camerounaise, la SND30 ambitionne de porter le pays au rang d’économie émergente, industrielle et intégrée.
L’alignement des interventions de la Banque mondiale sur ces priorités nationales cible des secteurs clés :
* Infrastructures de transport et d’énergie : Des leviers essentiels pour désenclaver les bassins de production et stimuler le commerce intrarégional.
* Développement du capital humain : L’amélioration de l’accès à l’éducation, à la santé et à la protection sociale pour garantir une croissance inclusive.
* Résilience climatique et agriculture durable : La modernisation des filières agricoles pour assurer la souveraineté alimentaire face aux aléas environnementaux.
La présence conjointe d’Alamine Ousmane Mey et de Louis Paul Motaze à Bangkok envoie un signal fort aux partenaires financiers. Elle illustre une parfaite cohérence entre la planification stratégique à long terme (MINEPAT) et le cadrage budgétaire et financier (MINFI).
Cette synergie gouvernementale est la clé de voûte pour rassurer les bailleurs de fonds. En présentant un front uni et coordonné, le Cameroun démontre sa capacité à aligner ses réformes de gouvernance financière avec ses ambitions d’investissement infrastructurel.
Les retombées de cette rencontre de Bangkok s’évalueront sur la capacité des deux parties à accélérer la mise en œuvre des programmes en cours. L’accélération du rythme d’exécution des projets permettra de libérer de nouvelles marges de manœuvre financières et de consolider la crédibilité de la signature du Cameroun sur les marchés et auprès des partenaires multilatéraux.
Alors que le monde économique fait face à des incertitudes multiples, le partenariat renforcé entre le Cameroun et la Banque mondiale s’affirme comme un moteur essentiel de stabilité et de prospérité durable pour la sous-région Afrique centrale.
Arsène Nna
