Face aux défis financiers et logistiques sur le terrain, le Directeur Général des Douanes a réuni ses équipes et les prestataires à Yaoundé. L’objectif est clair : lever les goulots d’étranglement techniques pour livrer l’ensemble des nouveaux immeubles-sièges sectoriels avant la fin de l’année 2026.
Sur le papier, l’ambition est limpide : doter la douane camerounaise d’infrastructures modernes, fonctionnelles et adaptées aux exigences du commerce transfrontalier. Mais sur le terrain, la réalité du suivi de chantier impose une rigueur de chaque instant. C’est tout le sens de la réunion de restitution présidée ce matin à Yaoundé par le Directeur Général des Douanes (DGD), FONGOD Edwin NUVAGA. En passant au peigne fin l’avancement des immeubles-sièges des Secteurs du Nord-Ouest (Bamenda), du Nord (Garoua) et du Sud II (Kribi), le patron des douanes a réaffirmé son exigence de résultat.
Un état des lieux à trois vitesses
L’évaluation menée par les services techniques dresse un tableau nuancé mais globalement encourageant, marqué par la proximité de la livraison pour plusieurs ouvrages majeurs :
* Garoua (Nord) – La ligne d’arrivée en vue : Le chantier affiche un état d’achèvement quasi total. L’édifice n’attend plus que l’organisation de la réception administrative préalable pour ouvrir officiellement ses portes et prendre son service.
* Kribi (Sud II) – L’épreuve du feu hydrographique réussie : Au cœur du pôle portuaire de Kribi, sujet à une pluviométrie intense, le défi majeur restait l’étanchéité. Les choix techniques — béton hydrofugé et système multicouche — ont porté leurs fruits. Malgré les trombes d’eau récentes, aucune infiltration n’a été constatée, validant la conformité de l’ouvrage.
* Bamenda (Nord-Ouest) – Avancement physique contre pesanteurs financières : Si le chantier accuse un retard apparent, l’entreprise adjudicataire met en avant un taux d’exécution physique et financier oscillant entre 90 % et 100 %. La réalisation de structures non prévues au marché initial (mur de soutènement, entrepôt) a fortement grevé la trésorerie disponible, tandis que l’attente du règlement des décomptes pèse lourdement sur la cadence de finition.
Au-delà des structures brutes, la réunion a mis en lumière la volonté du top management de veiller à la qualité perçue et à la durabilité des édifices. À Bamenda, la poussière et l’aspect brut relevés récemment ont été imputés aux ultimes travaux de finition ; des protections ont été déployées pour préserver les revêtements déjà posés.
Plus pragmatique encore, la DGD entend tirer parti du climat : instruction a été donnée de démarrer immédiatement les travaux de nivellement des espaces extérieurs pour profiter des pluies saisonnières et assurer un compactage naturel et optimal des sols avant l’asphaltage ou le pavage.
Feuille de route 2026 : Zéro tolérance sur les délais
Face aux entreprises, maîtres d’œuvre et équipes de contrôle, FONGOD Edwin NUVAGA s’est montré ferme. Pour accélérer la cadence, plusieurs mesures phares ont été arrêtées :
* Suivi hebdomadaire strict : Maintien impératif des missions de contrôle sur le terrain pour étouffer le moindre retard dans l’œuf.
* Session élargie de concertation : Organisation imminente d’un grand regroupement stratégique intégrant entreprises, maîtrises d’œuvre, délégués départementaux et représentants du Ministère des Finances afin de solder les verrous financiers et administratifs.
* Mise en valeur durable : Injonction faite aux prestataires d’intensifier le rythme tout en garantissant le respect strict des normes de construction jusqu’à la réception définitive.
En fixant le cap ultime à la fin d’année 2026 pour la livraison clé en main de ces trois joyaux architecturaux, le Directeur Général rappelle que la modernisation des douanes ne se jouera pas seulement sur la dématérialisation des procédures, mais aussi sur la qualité et la dignité des cadres de travail offerts aux agents sur le terrain.
Kévin Ngameni

