Réunis en session plénière le 6 juillet 2026, les députés camerounais ont passé au crible le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme. Entre impératifs de développement, contraintes de crise globale et grands chantiers sociaux, les parlementaires ont pressé le gouvernement d’accélérer les réformes pour un impact direct sur le quotidien des populations.
Menés sous la présidence du Très Honorable Théodore Datouo, les travaux de cette session parlementaire ont mis en lumière les préoccupations concrètes des élus du peuple. Introduit par le rapport de l’Honorable Edgard Eteme, le débat général s’est rapidement cristallisé autour d’un enjeu majeur : lier la macroéconomie aux réalités quotidiennes des Camerounais.
Les députés n’ont pas manqué d’interpeller l’exécutif sur les lenteurs d’exécution de certains projets structurants et sur l’urgence d’une meilleure gouvernance dans les secteurs extractifs (mines, forêt, pétrole). L’objectif affiché par le Parlement est clair : s’assurer que la richesse nationale soit mieux mobilisée et plus équitablement redistribuée.
Face aux sollicitations de l’hémicycle, une importante délégation ministérielle s’est relayée pour défendre la feuille de route de l’État, déclinée en plusieurs axes stratégiques :
1. Cap sur l’industrialisation et la SND30
Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, et le ministre délégué Paul Tasong ont rappelé le contexte difficile marqué par les crises internationales successives. Malgré cette conjoncture, le cap de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) reste maintenu avec une priorité donnée à la stabilité des finances publiques, à la création d’emplois et à la transformation structurelle de l’économie.
2. Souveraineté sanitaire et alimentaire
Deux annonces majeures ont retenu l’attention :
*Santé et Recherche : La ministre Madeleine Tchuente a dévoilé un projet ambitieux de laboratoire national de production de vaccins, tandis que son homologue de la Santé, Manaouda Malachie, a promis la relance des chantiers hospitaliers et l’intensification de la lutte contre le paludisme.
*Agriculture : Gabriel Mbairobe a mis l’accent sur le développement des filières stratégiques du blé et du riz (notamment via le projet GRA) pour réduire la dépendance aux importations.
3. Infrastructures, Transports et Énergie
*Réseau routier et ferroviaire : Les ministres Emmanuel Nganou Djoumessi et Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe ont réaffirmé la priorité accordée aux routes et aux connexions transfrontalières, à l’instar de l’axe ferroviaire Cameroun–Tchad.
*Services de base : Gaston Eloundou Essomba a défendu les réformes en cours dans le secteur de l’électricité et les projets d’accès à l’eau potable.
4. Réformes administratives et jeunesse
Afin de fluidifier l’action publique, Ibrahim Talba Malla (Marchés Publics) s’est engagé à réduire les délais de passation de marchés. Sur le plan de la décentralisation, Georges Elanga Obam a annoncé une avancée historique : la finalisation technique de la fonction publique locale**. Enfin, Mounouna Foutsou a réitéré le soutien à la jeunesse via la modernisation des Centres multifonctionnels.
Ce qu’il faut retenir : Un dialogue constructif mais exigeant
Un grand moment de recevabilité démocratique où le gouvernement a dû confronter ses ambitions budgétaires aux exigences du terrain.
Cette session plénière démontre une maturité certaine dans le débat démocratique camerounais. Si le gouvernement affiche sa détermination à maintenir le cap des grandes réformes malgré les vents contraires de l’économie mondiale, l’Assemblée Nationale se positionne en garde-fou rigoureux. Le budget 2027–2029 ne devra pas seulement être un document comptable, mais un véritable levier d’amélioration des conditions de vie des populations.
Arsène Nna

