Grand-Nord : Le coup de pouce financier qui réveille l’« or blanc »

Gazelle D'Afrique
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Face aux turbulences climatiques et à la chute de la production, la Sodecoton reçoit un soutien de poids. À l’issue d’une visite stratégique dans la région du Nord, BGFIBank Cameroun a acté le financement de deux nouvelles usines et d’une ligne de production de riz. Un investissement massif qui vise à transformer localement nos ressources et à sécuriser l’avenir de plus de trois millions de Camerounais.

C’est une annonce qui tombe à point nommé pour le géant du coton. Alors que la dernière note de conjoncture du ministère des Finances révélait une chute brutale de la production de coton fibre (-75,9 % au deuxième trimestre 2025), le secteur industriel s’apprête à passer à la vitesse supérieure.

Lors d’une mission de terrain, les dirigeants de BGFIBank Cameroun ont confirmé le financement de deux nouvelles usines d’égrenage. Cet investissement n’est pas qu’une simple transaction financière ; c’est un levier de résilience. En augmentant les capacités de transformation, la Sodecoton pourra mieux absorber les récoltes, même en période de pression climatique, et optimiser le rendement de la fibre destinée à l’exportation.

Le déploiement bancaire ne s’est pas arrêté au coton. À Sanguéré, le projet structurant de transformation du riz a également reçu un feu vert financier pour une nouvelle ligne de production.

Cette initiative s’inscrit au cœur de la politique nationale d’import-substitution. L’objectif est limpide : consommer ce que nous produisons pour ne plus dépendre des importations coûteuses qui plombent la balance commerciale. En transformant le riz sur place, le Cameroun crée de la valeur ajoutée, génère des emplois et garantit une meilleure sécurité alimentaire pour les populations septentrionales.

Malgré un contexte international difficile, marqué par une baisse des cours mondiaux du coton (-9,5 % sur un an) et une demande mondiale atone, ce partenariat entre la banque et les acteurs ruraux envoie un signal de confiance fort.

« Financer l’économie réelle, c’est construire l’avenir », affirme-t-on du côté de BGFIBank.

En ciblant des projets à fort impact social, la banque soutient indirectement plus de 3 millions de personnes dont la survie dépend de la vitalité de la Sodecoton. Cette injection de capitaux permettra de compenser en partie les pertes de recettes d’exportation (estimées à 19 milliards de FCFA au premier semestre 2025) en misant sur la modernisation de l’outil industriel.

Si l’année 2025 reste marquée par les cicatrices des inondations et des aléas du marché, ces nouveaux financements redessinent les perspectives pour 2026. L’alliance entre la modernisation industrielle soutenue par la banque et la résilience climatique portée par l’accord Sodecoton-Onacc pourrait bien être la formule gagnante pour relancer durablement la croissance du Grand-Nord.

L’industrialisation locale n’est plus un slogan, elle devient une réalité de terrain, usine après usine.

Arsène Nna 

 

 

 

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