La capitale de la région de l’Adamaoua a vibré, ce mardi, au rythme des finances publiques nationales. Le Ministre des Finances (MINFI), Louis Paul Motaze, y a officiellement lancé l’exécution du budget de l’État pour l’exercice 2026. Entre solennité républicaine et directives techniques rigoureuses, cet événement marque le top départ d’une année charnière pour la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).
Dès les premières lueurs de la matinée, l’effervescence était palpable dans la cité château. En accueillant le haut commandement des finances du pays, le Maire de la ville de Ngaoundéré a tenu à souligner la portée symbolique de ce choix géographique. Pour l’édile, voir Ngaoundéré abriter un tel événement est la preuve d’une décentralisation qui quitte les textes pour s’incarner dans les territoires.
Dans son mot de bienvenue, le Maire a exprimé la gratitude des populations locales tout en se faisant le porte-parole des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Il a rappelé que le budget, loin d’être une simple suite de chiffres, représente l’espoir des citoyens pour un meilleur accès à l’eau, à l’énergie et aux infrastructures de base. Un appel du pied à peine voilé pour que les transferts de ressources soient aussi fluides que les discours qui les annoncent.
Lorsque Louis Paul Motaze monte à la tribune, le ton change. Si la courtoisie est de mise, le message est celui d’un chef de file qui n’ignore rien des défis économiques mondiaux et nationaux. Le Ministre a articulé son discours autour de quatre piliers fondamentaux destinés à faire de 2026 une année de « réalités concrètes ».
1. L’obsession du résultat et la qualité de la dépense
Le Ministre a été catégorique : l’heure n’est plus à la consommation de crédits pour la forme, mais à l’efficacité réelle. « Chaque franc CFA dépensé doit trouver sa justification dans l’amélioration du quotidien des Camerounais », a-t-il martelé. Il a exhorté les gestionnaires de crédits à abandonner les dépenses superflues pour se concentrer sur les projets à fort impact social.
2. La lutte contre l’inertie et la corruption
Abordant la question de la gouvernance, Louis Paul Motaze a rappelé que la transparence n’est pas une option, mais une obligation. Il a sévèrement mis en garde contre les pratiques de détournement de procédures et la corruption qui gangrènent parfois la chaîne de la dépense. Le respect de l’orthodoxie financière et des règles de passation des marchés publics a été présenté comme le bouclier nécessaire contre le gaspillage des ressources publiques.
3. L’accélération des grands chantiers de la SND30
2026 est une étape cruciale vers l’émergence. Le Ministre a insisté sur la nécessité de finaliser les infrastructures en cours. Routes, hôpitaux, barrages : le mot d’ordre est l’achèvement. Il a appelé à une synergie entre les différents départements ministériels pour lever les goulots d’étranglement qui freinent souvent la livraison des chantiers.
4. La souveraineté économique par le « Made in Cameroon »
Le budget 2026 se veut également un outil de protection. Face aux chocs extérieurs, Louis Paul Motaze a réitéré l’importance de soutenir la production locale. L’élargissement de l’assiette fiscale, tout en restant incitatif pour les entreprises, doit permettre à l’État de financer son développement de manière autonome et durable.
Juste après la cérémonie protocolaire, la salle a laissé place à une phase technique intensive. Sous la houlette des experts des directions générales du Budget (DGB), du Trésor (DGTC), de l’Économie (DGÉ) et des Marchés Publics (DGMP), les ordonnateurs et contrôleurs financiers de la région ont été mis à niveau. Ces exposés présidés par le Ministre Louis Paul Motaze ont permis de vulgariser les innovations de la Loi de Finances 2026.
L’accent a été mis sur la dématérialisation des procédures, visant à accélérer le traitement des dossiers et à réduire les contacts physiques, vecteurs potentiels de corruption. Les experts ont rappelé les délais de clôture budgétaire et les nouvelles modalités de passation des marchés, essentielles pour éviter la sous-consommation des crédits qui pénalise souvent les régions.
En clôturant les travaux, Louis Paul Motaze a rappelé que la réussite de ce budget repose sur un contrat de confiance entre l’administration, les élus et le secteur privé. Le choix de Ngaoundéré n’était pas fortuit : il symbolise un État proche de ses administrés, attentif aux spécificités régionales.
Le budget 2026 est désormais sur les rails. À Ngaoundéré, l’espoir est grand que les directives ministérielles se transforment rapidement en bitume, en écoles et en opportunités économiques pour les jeunes. La balle est désormais dans le camp des gestionnaires de terrain, sous l’œil vigilant du Ministère des gestionnaires de terrain, sous l’œil vigilant du Ministère des Finances.
Abdoul Salam Moumini



















