Le Comité de Direction de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) s’est réuni à Yaoundé le jeudi 20 novembre 2025, en marge du comité de stratégie de l’AAEA, marquant une étape clé dans la lutte contre le déficit hydrique et sanitaire du continent. La session, qui a abouti à l’examen critique des finances et à la préparation du 23e Congrès de 2026, met en lumière les défis colossaux que sont la croissance démographique, le financement et la nécessité d’innover dans les solutions d’assainissement urbain.
Présidée par le Dr Blaise MOUSSA, la session du Comité de Direction de l’AAEA à l’hôtel Hilton a abordé un ordre du jour décisif en format hybride. L’objectif principal était d’assurer la santé et la bonne gouvernance de l’organisation. Revue des Comptes : L’examen des rapports du Contrôleur Général et l’étude de la situation financière ont préparé le terrain pour l’adoption du budget 2025. La viabilité financière de l’AAEA est essentielle pour la mise en œuvre de ses programmes.
Stratégie et Capacités : L’étude du rapport du Comité Stratégie de Renforcement des Capacités souligne l’importance d’investir dans la formation et le partage d’expertise pour que les opérateurs africains puissent relever les défis techniques.
Feuille de Route 2026 : Un point stratégique a été l’état d’avancement des préparatifs du 23ème Congrès International de l’AAEA, prévu du 9 au 13 février 2026 à Yaoundé. Cet événement vise à positionner le Cameroun comme un pôle d’expertise régional.
Les travaux de l’AAEA s’inscrivent dans un contexte africain de crise structurelle de l’eau et de l’assainissement, résumée par cinq défis principaux : Déficit d’Accès et Démographie : Des centaines de millions d’Africains manquent d’accès à l’eau potable sécurisée. La croissance urbaine rapide aggrave la pression sur des infrastructures déjà insuffisantes. Financement et Durabilité : Les États peinent à combler le Déficit de Financement (Financing Gap). Le faible recouvrement des coûts d’exploitation et de maintenance rend les services non durables et trop dépendants des subventions publiques.
Changement Climatique : L’augmentation du stress hydrique (sécheresses) et des inondations menace la sécurité hydrique du continent, exigeant des solutions de Gestion Durable de la Ressource. Gouvernance et Capacités : Le manque de clarté des responsabilités et la nécessité de renforcer les capacités techniques et managériales des opérateurs locaux entravent l’efficacité.
Conséquences Sociales : Le manque d’EAH (Eau, Assainissement, Hygiène) est un vecteur majeur de maladies hydriques (choléra, typhoïde), ce qui a un impact économique et sanitaire lourd.
Face aux défis des zones urbaines denses et non planifiées, l’AAEA prône des solutions adaptées : Gestion des Boues de Vidange (FSM) : Pour l’assainissement autonome (latrines et fosses septiques), le FSM est la solution critique. Il implique le transport des boues vers des Stations de Traitement des Boues de Vidange (STBV) utilisant des technologies simples (lits de séchage plantés de roseaux) et la valorisation des boues en amendement ou en biocombustible.
Assainissement Centralisé Adapté : Dans les zones planifiées, on privilégie les égouts simplifiés (condominiaux) et des Stations d’Épuration des Eaux Usées (STEP) utilisant des Techniques Extensives (lagunes d’oxydation) pour réduire les coûts d’énergie et de maintenance. Gouvernance Réglementaire : Le succès de ces solutions repose sur la création de cadres juridiques clairs pour la valorisation des boues et la mise en place de mécanismes de tarification sociale pour garantir l’accès des plus démunis.
La session du Comité de Direction s’est achevée par la publication d’un communiqué final, dont les décisions impacteront directement la capacité de l’Afrique à accélérer l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Arsène Nna


