L’État du Cameroun est sur le point de sceller un accord majeur pour le secteur de l’énergie. L’entreprise de distribution d’électricité, Eneo, s’apprête à repasser intégralement sous pavillon national après la finalisation de la convention de rachat des parts détenues par le fonds britannique Actis. Présentée comme un acte de souveraineté économique impulsé par la Présidence, cette opération vise à garantir une meilleure qualité de service et une maîtrise accrue des investissements. Si le gouvernement ambitionne une reprise rapide, le montant exact de la transaction et la gestion de la dette colossale d’Eneo (estimée à près de 800 milliards de FCFA) restent les points névralgiques de cet accord historique
Le secteur énergétique camerounais s’apprête à franchir une étape décisive. À travers la signature imminente de la convention de rachat avec le fonds Actis, l’État va officiellement reprendre le contrôle total d’Eneo (Energy of Cameroon), mettant fin à la gestion privée de l’entreprise chargée de la distribution de l’électricité. Cette décision stratégique, portée par la vision éclairée du Chef de l’État Paul Biya, s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer la souveraineté économique du pays.
En reprenant Eneo sous pavillon 100% camerounais, le gouvernement consolide son engagement à moderniser le réseau, souvent décrié pour son manque de fiabilité, à rehausser la qualité du service et à assurer une meilleure maîtrise des investissements stratégiques. Cette opération marque ainsi le début d’une nouvelle ère, avec l’objectif prioritaire de garantir aux ménages et aux entreprises un accès plus fiable à l’électricité, élément crucial pour l’ensemble de l’économie nationale.
Si la volonté politique est clairement affichée, les détails financiers de la transaction continuent d’alimenter les discussions. L’opération consiste à déterminer le montant du « ticket de sortie » pour Actis, qui détenait 51% des parts. Alors que le fonds britannique Actis aurait initialement valorisé ses parts autour de 125 milliards de FCFA, l’État camerounais, conseillé par le cabinet KPMG France, a soumis une contre-offre basée sur une évaluation indépendante. Le chiffre de 78 milliards de FCFA revient fréquemment dans les médias comme l’offre qui avait été acceptée par Actis en 2015 avant que l’opération ne soit suspendue. Au-delà de l’évaluation des actions, le principal défi financier réside dans la gestion de la dette cumulée d’Eneo, estimée à près de 800 milliards de FCFA. La renationalisation implique, pour l’État, de prendre en charge ce passif critique et de mettre en place une stratégie de désendettement et de relance.
Le processus, supervisé par un Comité interministériel, a connu une accélération depuis fin 2023. Bien que l’annonce gouvernementale laisse entendre que la signature est imminente, la complexité des négociations, accentuée par le rachat d’Actis par le géant américain General Atlantic en janvier 2024, suggère une finalisation étalée. La reprise d’Eneo est avant tout un acte de souveraineté énergétique pour le Cameroun, visant à transformer le service public de l’électricité.
Si le gouvernement parvient à aligner la gestion des investissements futurs sur les besoins réels du pays, cette renationalisation pourrait bien être la clé d’un développement industriel et social soutenu.
Arsène Nna
