L’interpellation publique de Roland Medou, Vice-Président de l’Organisation des Jeunes du RDPC (OJRDPC) de Mevondou, à l’endroit de l’Honorable député Bonaventure Mvondo Assam, est un signal fort de la frustration croissante des jeunes élites locales. En réaction à un communiqué annonçant un « grand festin populaire » à Sangmélima pour célébrer la cohésion post-électorale, Medou dénonce un décalage flagrant entre les priorités de la vieille garde politique et les attentes concrètes de la jeunesse en matière de développement et d’insertion professionnelle. C’est une critique virulente de la politique spectacle au détriment de l’action structurelle. Notre Analyse de cette Interpellation
L’intervention de Roland Medou est structurée autour de deux axes majeurs : la honte et le décalage entre les discours et les actions. Roland Medou exprime une « grosse honte » pour sa région, le Sud, et son département, le Dja-et-Lobo. Le communiqué du député Mvondo Assam, qui annonce un grand festin au stade municipal de Sangmélima pour célébrer la « paix et la cohésion sociale » post-électorale, est perçu comme une insulte.
Medou y voit une réduction humiliante de la population de Sangmélima « à la nourriture ». Il établit un contraste frappant avec les autres régions du Cameroun à l’instar de Dschang, Bafoussam, Noso, le Nord où, selon lui, la cohésion n’est pas célébrée par des « meetings de nourriture ». En substance, il critique l’idée que le Sud, réputé calme et stable politiquement, n’aurait besoin, en guise de récompense pour son vote fidèle du 12 octobre dernier, que d’un événement festif et éphémère.
L’interpellation est avant tout un plaidoyer pour le développement structurel. Roland Medou rappelle avec insistance les attentes réelles de la jeunesse, des attentes alignées sur la vision du « septennat de la grandeur et l’espérance » (slogan du Président Biya) qui sont entre autres :
Le Recensement des Jeunes : Il réclame la mise en place immédiate de fiches de recensement des jeunes par localité, avec l’aide des chefs traditionnels et des politiques. L’Insertion et le Financement : L’objectif de ce recensement est de planifier l’insertion des jeunes dans des structures et de financer les micros-projets ou les associations.
Le jeune cadre oppose cette vision concrète à ce qui se construit « ailleurs » notamment la construction d’ « universités des mines » destinées à former des experts, tandis que le Dja-et-Lobo « en 2025″ est toujours ramené à des « meetings de nourriture ».
L’interpellation est donc une attaque directe contre le modèle de gestion politique clientéliste et l’immobilisme perçu des élites, les accusant d’être déconnectées des problématiques économiques et sociales de la jeunesse du RDPC qui, après avoir assuré la victoire électorale, exige désormais des dividendes de développement tangibles et durables.
Arsène Nna
