GAROUA : SUR LE CHANTIER DE KOLLERÉ, LA SIC ACCÉLÈRE LE PAS

Gazelle D'Afrique

Sous la lumière crue qui frappe le quartier Kolleré en ce mois de septembre 2026, la poussière rouge soulevée par les engins de terrassement ne trompe pas : sur le site des 110 logements sociaux de Garoua, les lignes ont enfin bougé. Réuni au cœur même du chantier pour une évaluation sans concession, le comité de suivi des travaux a rendu son verdict. Entre pression administrative et sursaut opérationnel, la Société Immobilière du Cameroun (SIC) tente de verrouiller son calendrier pour transformer cette première tranche de la « Vision SIC 2040 » en succès concret.

Il y a encore un mois, l’atmosphère sur le chantier confinait à la crispation. Entre retards d’approvisionnement et frictions organisationnelles, le projet patinait dangereusement. Mais la mise au point semble avoir porté ses fruits. Autour de la table d’évaluation, présidée par le Directeur Général de la SIC, le Dr Ahmadou Sardaouna, et en présence de Joseph Denssou, Secrétaire Général des Services du Gouverneur de la Région du Nord, la tendance affichée est désormais à la reprise en main.

Les chiffres attestent de cette dynamique retrouvée : le taux d’avancement physique global a franchi la barre des 44 %, contre à peine 40 % le mois dernier. Plus rassurant pour la suite des opérations, la mobilisation des matériaux sur le site dépasse enfin le seuil critique des 40 %. Un soulagement pour les équipes techniques, alors que le chantier s’apprête à attaquer sa phase la plus névralgique : le coulage massif des fondations.

Sur le terrain, le paysage s’est métamorphosé. La noria des camions-toupies et le ballet des ouvriers réorganisés redonnent vie à cet espace de plusieurs hectares. La mobilisation du personnel sur site a été revue à la hausse, tandis que la logistique d’approvisionnement en ciment, fers à béton et agrégats – jusqu’alors véritable goulot d’étranglement – s’est considérablement fluidifiée.

Pour la hiérarchie de la SIC comme pour les autorités régionales, cette bascule vers les travaux d’infrastructure lourde est cruciale. L’objectif est clair : sortir les structures de terre avant que les incertitudes météorologiques ne viennent à nouveau perturber la planification. Mais si l’avancée physique est saluée, la méthode Sardaouna reste intransigeante sur les aspects réglementaires et contractuels.

« Mieux, mais peut mieux faire » : c’est en substance le message adressé au groupement d’entreprises adjudicataire. Le comité de suivi n’a pas délivré un chèque en blanc. En dépit de l’amélioration constatée, le régulateur exige un coup d’accélérateur immédiat sur le volet administratif pour sécuriser la suite du programme.

Deux impératifs catégoriques ont été formulés à l’endroit de l’entreprise :

* Dépôt du dossier d’exécution complet dès la semaine prochaine, afin de garantir la conformité technique de chaque composante des bâtiments.

* Finalisation et dépôt du permis de construire, document indispensable pour ancrer définitivement le projet dans la légalité urbanistique.

À travers cette descente musclée à Garoua, la SIC joue plus gros qu’un simple chantier de province. Ces 110 logements de types 1 et 2 constituent la vitrine d’un programme d’ensemble devant porter à terme l’offre à 538 habitations dans le chef-lieu du Nord. Alors que l’entreprise publique achève sa mutation financière et opérationnelle, la rigueur imprimée sur le chantier de Kolleré doit servir de prototype pour les futures opérations à travers le pays. Les ouvriers sont désormais prévenus : à Garoua, le temps de la procrastination est définitivement révolu.

Arsène Nna 

 

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