​Kousséri : Le Sacre d’Alamine Ousmane Mey

Gazelle D'Afrique

Le rideau est tombé ce vendredi 8 mai 2026 sur la tournée marathon du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) dans le Septentrion. Pour cette ultime escale à Kousseri, son fief d’origine, Alamine Ousmane Mey a été accueilli dans une ferveur quasi mystique, transformant une mission administrative en un véritable plébiscite populaire. Entre l’accueil historique de Kawadji, orchestré par le RDPC de Barka Abouya, et la rétrocession d’infrastructures de pointe issues du PROLAC, cette journée marque un tournant décisif pour la résilience du bassin du Lac Tchad. Analyse d’une clôture en fanfare qui dessine le futur d’une région en pleine mutation.

Avant même d’atteindre le cœur de la cité, c’est à Kawadji que le ton a été donné. La mobilisation exceptionnelle de la section RDPC Logone-et-Chari Centre-Est, sous la houlette de son président Barka Abouya, a démontré que le MINEPAT ne voyage pas seulement avec des dossiers, mais avec le soutien indéfectible de sa base. Cet accueil n’était pas qu’une parade politique ; c’était l’expression d’une gratitude profonde envers un fils du terroir qui a su porter les doléances du Septentrion au plus haut sommet de l’État. En tant que « chouchou » de Kousseri, Alamine Ousmane Mey a transformé cette visite en un contrat de confiance renouvelé, où le « Fighting Spirit » prôné par son collègue Mounouna Foutsou (MINJEC) a trouvé un écho vibrant au sein d’une jeunesse en quête de modèles.

L’un des points d’orgue de cette journée a été la distribution de dix tracteurs agricoles. Dans une région où le travail de la terre reste encore largement manuel et pénible, l’introduction de la mécanisation via le PROLAC est une révolution silencieuse.

L’enjeu ici est clair : passer d’une agriculture de survie à une agriculture de puissance. Ces tracteurs ne sont pas de simples outils ; ils sont les vecteurs d’une augmentation exponentielle des rendements céréaliers. Pour le département du Logone-et-Chari, l’objectif est de devenir le premier fournisseur de riz et de maïs de la sous-région. En offrant ces équipements, le Gouvernement ne donne pas seulement du matériel, il redonne de la dignité et de l’ambition aux exploitants ruraux.

Kousseri ne se contente plus de suivre le développement, elle l’innove. Le nouveau complexe moderne de poissonnerie est une réponse directe à la précarité des pêcheurs du fleuve Logone et du Chari. En dotant la ville d’une chaîne de froid et de commercialisation aux normes internationales, le Gouvernement sécurise les revenus des acteurs de la pêche. Le geste symbolique du Ministre — achetant et offrant l’intégralité des poissons exposés — souligne sa volonté de soutenir immédiatement l’économie locale tout en célébrant l’abondance retrouvée.

Plus audacieux encore, l’inauguration du laboratoire de climatologie et de météorologie à l’Université annexe de Maroua à Kousseri place la ville sur la carte de la science mondiale. Dans une zone frappée de plein fouet par le changement climatique et l’assèchement du Lac Tchad, cette infrastructure scientifique est une arme de résilience. Elle permettra de transformer les données climatiques en décisions agricoles stratégiques. C’est la preuve que le développement de Kousseri passe désormais par l’intelligence et la recherche universitaire.

Les retombées de cette mission interministérielle dépassent le cadre de la simple cérémonie. Les populations attendent désormais une transformation structurelle de leur quotidien.

Sur le plan économique : L’industrialisation de la filière poisson et la mécanisation agricole devraient créer des centaines d’emplois directs pour les jeunes.

Sur le plan social : Le réarmement moral (REAMORCE) évoqué par le MINJEC vise à redonner espoir à une population qui a longtemps vécu sous l’ombre de l’insécurité.

Sur le plan urbain : L’implantation de structures universitaires et de complexes industriels propulse Kousseri au rang de métropole régionale attractive.

En bouclant sa tournée dans son bastion d’origine, Alamine Ousmane Mey a envoyé un message de stabilité et d’opportunités. Kousseri n’est plus seulement une ville frontière ; elle devient, sous l’impulsion du PROLAC et de la Banque Mondiale, un hub de résilience et de modernité. La mission est finie, mais pour le Logone-et-Chari, le vrai travail commence : celui de faire fructifier cet héritage pour les générations futures.

Arsène Nna 

 

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