Le Tchad a son plan de relance et de transformation, mais il lui manque le nerf de la guerre. Pour concrétiser son ambitieux Plan national de Développement (PND) 2024-2028, baptisé « Tchad Connexion 2030 », le pays a organisé une table-ronde d’investissement cruciale les 10 et 11 novembre 2025 à Abu Dhabi. Le Président Mahamat Idriss Déby Itno a officiellement lancé l’appel pour mobiliser les 30 milliards de dollars nécessaires, promettant aux investisseurs un « partenariat stratégique » dont les retombées sont chiffrées : une augmentation du PIB de 60 % et la sortie de 2,5 millions de Tchadiens de la pauvreté.
Le gouvernement tchadien a posé un acte majeur pour l’avenir de son économie. C’est aux Émirats Arabes Unis que l’État a cherché à accélérer la concrétisation de sa vision de développement. Les 10 et 11 novembre 2025 ont été des jours décisifs pour l’économie nationale, avec l’organisation à Abu Dhabi d’une grande table-ronde d’investissement visant à trouver les fonds pour financer le Plan National de Développement (PND) 2024-2028. Le coût global de ce plan quinquennal, surnommé « Tchad Connexion 2030 », est estimé à la somme colossale de 30 milliards de dollars américains.
L’ouverture de cet événement majeur, qui a vu l’inscription de plus de 2 000 participants (ministres, officiels, et investisseurs), a été présidée par le chef de l’État tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, devant un parterre de financiers et de décideurs venus de plus de 70 pays. Dans son discours, le Président a cherché à rassurer et à séduire. Il a martelé l’importance de la crédibilité de la démarche, insistant sur le fait que son pays ne propose pas une aventure risquée, mais bien un partenariat stratégique mutuellement bénéfique.
Le potentiel du Tchad a été mis en exergue, notamment en présentant le pays comme un marché « vierge » pour les services financiers digitaux, un secteur à fort potentiel de croissance pour les investisseurs.
Le PND 2024-2028 se veut être la feuille de route pour une transformation socio-économique profonde. Il est structuré autour de près de 300 projets (268 selon d’autres sources) regroupés en 17 programmes. Les discussions de la table-ronde se sont concentrées sur cinq grands leviers du développement : les ressources naturelles, l’industrialisation, les infrastructures, le capital humain et les technologies émergentes. Plus spécifiquement, les discussions ont détaillé des secteurs prioritaires pour lesquels des financements sont activement recherchés : Infrastructures : Développement des corridors de transport, y compris les chemins de fer et les ports. Énergie : Financement de projets cruciaux, notamment dans les énergies renouvelables (solaire et éolien). Agriculture : Soutien à l’agriculture et à l’agro-industrie pour garantir la sécurité alimentaire. Numérique : Accélération de la transformation numérique, notamment par la couverture en fibre optique. Social : Investissement dans le capital humain via l’éducation et la santé.
Selon les projections du ministère des Finances, la réussite de ce PND, financé par un mix de fonds publics, de prêts concessionnels et d’investissements privés, devrait être synonyme de progrès significatif : Croissance économique : Le plan devrait permettre une augmentation du Produit Intérieur Brut de 60 %. Impact social : Il est censé faire sortir 2,5 millions de Tchadiens de la pauvreté. La première journée a été consacrée aux échanges thématiques, la seconde devait permettre la finalisation et la signature de plusieurs protocoles d’accord dans les secteurs prioritaires, notamment avec les Émirats Arabes Unis, hôtes de l’événement.
L’événement s’achevant ce mardi 11 novembre 2025, l’attente est désormais focalisée sur le bilan officiel. Les autorités tchadiennes devraient communiquer sous peu les chiffres et les détails des engagements concrets obtenus. C’est ce bilan qui permettra de juger du succès de cet appel de fonds massif et de savoir si le Tchad a réussi à mobiliser une part significative des 30 milliards de dollars nécessaires à son ambitieux programme.
Abdoul Salam Moumini
















