La culture ekang s’apprête-t-elle à franchir un cap historique ? C’est tout l’enjeu de la démarche portée par l’Association des Amis de la Ville de Yaoundé (ADAVY). En présentant, ce 20 août 2026, le projet pharaonique du Palais de la culture des peuples Ekang au Premier ministre, les porteurs de l’initiative ont transformé une ambition identitaire en un véritable dossier de politique publique.
Au-delà des pierres et du symbolisme, cette rencontre au sommet redéfinit la place du patrimoine dans le modèle de développement de la capitale camerounaise.
Avec une première phase évaluée à 50 milliards de FCFA, le projet ne se contente pas de dessiner les plans d’un simple édifice architectural. Il ambitionne de créer un écosystème global articulé autour de plusieurs axes majeurs :
* Un sanctuaire mémoriel : Pour préserver, documenter et transmettre les traditions, les valeurs et les savoir-faire ancestraux des peuples Ekang.
* Un levier économique : Conçu pour stimuler l’artisanat, le tourisme culturel et les industries créatives locales.
* Un incubateur de jeunesse : Offrant aux nouvelles générations un pont direct entre l’histoire de leurs ancêtres et les défis de la modernité.
L’originalité de la démarche réside dans sa volonté de faire dialoguer patrimoine et croissance économique. À l’heure où les métropoles africaines cherchent à renforcer leur attractivité internationale, Yaoundé joue ici une carte maîtresse.
En fédérant autour de la table les chefs traditionnels du Mfoundi et l’association Akok Nda Bot, l’ADAVY démontre qu’un tel projet ne peut éclore sans l’onction des garants de la tradition et de la société civile. Cette synergie s’inscrit d’ailleurs dans le droit fil d’autres initiatives locales à l’instar du festival Ongola Ewondo Betara, confirmant la vitalité culturelle de la cité capitale.
Si l’accueil réservé par les services du Premier ministre témoigne d’une écoute attentive, le chemin vers la première pierre reste jalonné d’étapes cruciales. La sollicitation de l’accompagnement gouvernemental marque le début d’une phase de maturation institutionnelle, technique et financière décisive.
Le pari est audacieux : transformer un héritage immatériel en un actif tangible, capable de générer des emplois, de structurer l’offre touristique et de rayonner bien au-delà des frontières nationales.
Arthur Bessala


