Hommage national au rappeur Ray’s Kim : Le Tchad pleure son « Bunda Boss »

Gazelle D'Afrique

Coup de tonnerre sur la scène musicale tchadienne. Ray’s Kim EDM, de son vrai nom Djasrabé Kimassoum Yilmian, figure emblématique du rap et pionnier du « Bunda Hip-Hop », s’est éteint à l’âge de 36 ans. L’artiste, reconnu pour son engagement et sa capacité à éveiller les consciences, laisse derrière lui un héritage musical riche et une nation sous le choc. La communauté artistique, ses proches et ses fans se préparent à lui rendre un dernier hommage.

Né le 25 juin 1989 à N’Djamena, Djasrabé Kimassoum Yilmian, alias Ray’s Kim EDM, était bien plus qu’un rappeur. Il était une référence morale et esthétique, un ambassadeur de la culture tchadienne, et le porte-voix des exclus. Son style, le « Bunda Hip-Hop », fusion d’argot local, de mélodies mélancoliques et de rythmes populaires, a révolutionné la musique urbaine tchadienne.

L’artiste, marié et père de trois enfants, a marqué les esprits avec des titres phares comme « Le Bilan » (2010), produit par Ikun Kultur, et s’est engagé auprès d’UNICEF en tant qu’éveilleur de conscience, menant des campagnes de sensibilisation sur des thèmes cruciaux. Son combat, il le menait « parole baissée » avant de revenir sur le devant de la scène politique en 2023. Son engagement était entier, avec un credo simple : « Un guerrier ne meurt jamais !! »

L’annonce de son décès, survenu le 7 octobre 2025, a plongé le Tchad dans une profonde tristesse. La famille de l’artiste a rapidement organisé les cérémonies d’adieu pour permettre à ses nombreux admirateurs de lui rendre un hommage digne. Le programme des obsèques s’étendra sur deux jours, les 17 et 18 octobre. Une grande veillée artistique est prévue au Stade de Paris-Congo, la veille, avec performances, projections et témoignages.

Le lendemain, les cérémonies débuteront par le retrait du corps et une veillée artistique, suivies d’hommages institutionnels et artistiques. L’essentiel de la matinée sera dédié aux témoignages : famille, diaspora, rappeurs, représentants de l’État et de la société civile se succéderont pour saluer la mémoire du « Bunda Boss ».

Après une cérémonie religieuse, l’inhumation aura lieu en début d’après-midi, dans l’intimité du cimetière.

En attendant les obsèques, un lieu de recueillement a été désigné pour permettre aux proches et au public de se réunir : le domicile familial de Moursal, situé à proximité du Centre Culturel Talino Manu.La nation pleure son artiste, celui qui a « combattu le bon combat » et dont l’héritage est celui de la dignité, de la justice et de l’humanité. Comme l’a déclaré sa famille en écho au verset biblique du 2 Timothée 4:7-8 : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée… ». Le Tchad dit adieu à son « Bunda Boss, » mais son art reste immortel.

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