​Tension à Doukoula : Les Droits de l’Homme appelés à la rescousse

Gazelle D'Afrique

À trois jours d’une échéance capitale pour le Mayo-Danay, l’atmosphère se crispe à Doukoula. Par une lettre ouverte poignante adressée à la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC), un administré, BAA-YAN-MBE HAIWE, appelle l’institution à sortir de ses bureaux pour investir le terrain le 15 mai prochain. Entre enjeux de cohésion sociale et spectre d’abus administratifs, cette consultation pour la désignation du nouveau Chef de 1er degré cristallise toutes les attentions. Une question demeure : le droit pèsera-t-il plus lourd que les influences locales ?

L’Extrême-Nord du Cameroun, terre de traditions séculaires et de chefferies puissantes, s’apprête à vivre un moment charnière. Le vendredi 15 mai 2026, l’esplanade de la chefferie de 1er degré du canton Doukoula Datcheka-Doukoula sera le théâtre d’une consultation réglementaire décisive. Mais derrière le protocole administratif se cache une bataille de principes dont l’issue pourrait marquer durablement la paix sociale dans le département du Mayo-Danay.

L’initiative de BAA-YAN-MBE HAIWE n’est pas un simple acte administratif ; c’est un signal d’alarme. En sollicitant la « présence effective » de la CDHC, ce sujet de la chefferie pointe du doigt la fragilité des processus de désignation traditionnelle. L’enjeu est clair : transformer une procédure souvent perçue comme opaque en un modèle de transparence.

Pour l’auteur de la lettre, il ne s’agit pas seulement de choisir un chef, mais de s’assurer que chaque étape respecte la dignité des personnes et les instruments internationaux des droits de l’homme. La présence des observateurs de la CDHC agirait comme un bouclier contre les irrégularités potentielles, offrant une caution morale et juridique à une opération scrutée par toute la communauté.

La démarche de M. HAIWE s’enracine dans un vécu personnel douloureux. Se présentant comme victime d’abus administratifs lors d’une précédente candidature à une chefferie de 3ème degré (Toungoui), son plaidoyer résonne avec une sincérité particulière. C’est le combat d’un homme qui, ayant senti le poids des dysfonctionnements, refuse que l’histoire se répète à l’échelon supérieur du canton.

Il rappelle d’ailleurs que le Président national de la CDHC avait déjà, en juillet 2025, interpellé le Préfet du Mayo-Danay sur la nécessité de respecter les garanties légales. Cette continuité dans l’alerte souligne une méfiance latente vis-à-vis des rouages locaux et une volonté farouche de voir le droit s’appliquer, sans privilèges ni pressions.

Au-delà de la bataille juridique, c’est la stabilité de la région qui se joue. Dans une zone où la chefferie traditionnelle reste le pilier de l’autorité et de la médiation sociale, une désignation contestée est souvent le germe de divisions profondes.

L’appel à la CDHC vise donc un objectif supérieur : l’apaisement. En garantissant la crédibilité du scrutin, l’institution permettrait au futur Chef de jouir d’une légitimité incontestée dès son installation. À l’inverse, une absence de surveillance pourrait ouvrir la porte à des contestations qui viendraient fragiliser la cohésion d’un canton déjà éprouvé par les défis socio-économiques.

Le 15 mai 2026 sera donc un test de crédibilité, non seulement pour l’administration préfectorale de Yagoua, mais aussi pour la Commission des Droits de l’Homme elle-même. Saura-t-elle répondre à cet appel du terrain ? Sa présence à Maroua suffira-t-elle à dissuader les manœuvres de coulisses à Doukoula ?

Cette lettre ouverte place chacun devant ses responsabilités. Elle rappelle que la démocratie et le respect des droits ne s’arrêtent pas aux portes des palais modernes, mais doivent infuser jusque dans les rites les plus anciens de nos terroirs. Le rendez-vous est pris : à Doukoula, le 15 mai, le regard du pays sera tourné vers l’esplanade de la chefferie, dans l’espoir d’y voir triompher la justice et la vérité.

Analyse de la Rédaction 

 

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