Tabaski 2026: L’élan de cœur de Fadimatou Iyawa

Gazelle D'Afrique

En marge de la fête de la Tabaski, Fadimatou Iyawa Ousmanou, présidente du Conseil National de la Jeunesse du Cameroun (CNJC), a orchestré une vaste opération de distribution de kits alimentaires à la mosquée d’Etoudi, avant de réunir la jeunesse au siège de l’institution à Bastos. Au-delà du simple élan de générosité, cet événement révèle une stratégie managériale forte : utiliser la ferveur religieuse comme levier d’unité nationale et de diplomatie de proximité au profit des jeunes Camerounais.

Le choix de la mosquée d’Etoudi pour débuter cette communion ne relève pas du hasard. En s’exprimant en langue fufulde pour annoncer le don de plus de 600 paquets alimentaires, la présidente du CNJC s’est inscrite dans la pure tradition de la *Sadaqa* (l’aumône volontaire). Dans un Cameroun pluriel, cet acte pose le fait religieux non pas comme une barrière, mais comme un puissant vecteur de cohésion sociale. Comme l’a si bien souligné Quentin Ambadiang, président régional du CNJC pour le Centre, la religion devient ici un ciment du « vivre-ensemble ». En nourrissant les corps et les esprits, le CNJC réaffirme son rôle d’acteur de la paix sociale.

Le véritable coup de maître de cette journée réside dans l’articulation entre l’action caritative et l’ouverture internationale. Derrière les sacs de riz et de viande se cache une diplomatie de la jeunesse particulièrement active. En mobilisant des partenaires de poids comme : Le NAMYO (Organisation de la jeunesse du mouvement des non-alignés), Le Conseil de la jeunesse afro-arabe, L’AIDA (Agence internationale de développement d’Azerbaïdjan).

Fadimatou Iyawa Ousmanou démontre que le CNJC ne se limite pas à la fête. L’Azerbaïdjan ayant choisi le Cameroun parmi seulement quatre pays africains bénéficiaires de son programme, cela témoigne du crédit international de l’institution.

La seconde articulation de l’événement, au siège de Bastos, a transformé les réjouissances en un forum d’opportunités. « Quand on veut promouvoir les jeunes, on doit pouvoir aussi manger ensemble », a rappelé la présidente. Ce moment de convivialité a servi de prétexte pour aborder les questions cruciales de l’autonomisation et de l’insertion socio-économique.

Les partenariats présentés par le trésorier général, Glen Forcha, promettent des formations concrètes en entrepreneuriat et en recherche d’emploi. L’appel final à postuler pour le Festival mondial de la jeunesse à Moscou montre que le CNJC se veut une passerelle directe entre la jeunesse locale et les opportunités mondiales.

En somme, cette célébration de la Tabaski par le CNJC dépasse le cadre festif. Elle valide une méthode de gouvernance : un leadership de terrain, soutenu par le Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique, qui sait capter l’aide internationale pour la redistribuer à la base. En associant la piété d’une fête religieuse à l’ambition géopolitique, le CNJC offre à la jeunesse camerounaise une perspective moderne, où le partage traditionnel ouvre la voie à l’ouverture sur le monde.

Arsène Nna 

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