Reçue sur le plateau de Bnews 1, la tête pensante de la Société Immobilière du Cameroun (SIC), le Dr Ahmadou Sardaouna, a levé le voile sur les réformes structurelles de l’entreprise. Entre la digitalisation des paiements avec MTN, la relance périlleuse du projet italien Pizarotti et la lutte contre la sous-location illicite, le patron de la SIC affiche un optimisme prudent pour l’horizon 2026.
Il y a encore quelques années, la Société Immobilière du Cameroun (SIC) était une institution au bord du gouffre. Lors de son intervention, le Dr Ahmadou Sardaouna a rappelé le point de départ : un déficit abyssal de 18 milliards de FCFA en 2019. Aujourd’hui, le navire semble stabilisé. « Nous sommes passés d’une société dans le rouge à une société à potentiel avéré », a-t-il affirmé.
Si la stabilité financière est acquise, le Directeur Général insiste sur un point crucial : sans une relance massive de la production de logements, ce redressement ne sera qu’un feu de paille.
L’une des annonces majeures de cet entretien concerne la signature d’une convention avec l’opérateur MTN. Ce partenariat, fruit d’un processus entamé en 2020, vise à digitaliser intégralement le paiement des loyers via Mobile Money. L’objectif est double : simplifier la vie des locataires et garantir une traçabilité totale.
Le Dr Sardaouna n’a pas éludé les problèmes internes, avouant que le système manuel actuel permettait parfois à certains responsables indélicats de détourner les fonds. Avec la plateforme numérique sécurisée (certifiée GSMA et ISO 27001 par MTN), chaque franc versé ira directement dans les caisses de l’État.
Le dossier complexe du projet Pizarotti (10 000 logements initialement prévus avec le partenaire italien) a occupé une place centrale dans la discussion. Le Dr Sardaouna a expliqué les lenteurs par un manque de maturité initial du projet : absence de titres fonciers, engins bloqués au port de Douala pendant cinq ans et pénalités de retard colossales.
Depuis que la SIC a récupéré la maîtrise d’ouvrage en 2021, la situation se débloque. Le projet a été recadré pour devenir « bancable ». Bien que le nombre de logements sur le site pilote de Cogo ait été revu à la baisse (240 logements en phase initiale), le taux de réalisation est passé de 6 % à 41 %. Le Directeur Général promet une livraison des premiers immeubles courant 2026.
Le patron de la SIC a dénoncé avec vigueur un système de « business » qui gangrène le patrimoine de l’État. Des locataires bénéficiant de tarifs sociaux (par exemple 50 000 FCFA à Messa) sous-louent leurs appartements à des prix de marché (jusqu’à 300 000 FCFA), empochant la différence au détriment de la collectivité.« Nous avons engagé un combat crucial pour que cela cesse », a-t-il martelé.
En collaboration avec la CONAC, la SIC entend assainir son fichier client. Parallèlement, un vaste plan de réhabilitation des cités existantes (Messa, Bonamoussadi, etc.) est prévu, avec un investissement de 6 milliards de FCFA sur trois ans, bien que le besoin global soit estimé à 150 milliards.
Pour pallier l’insuffisance des subventions étatiques, le Dr Sardaouna prône un « modèle économique hybride ». L’idée est d’attirer des investisseurs privés via des partenariats Public-Privé (PPP). Le schéma est simple : sur un projet donné, 30 % des logements resteront à vocation sociale (loyers modérés), tandis que les 70 % restants seront de moyen ou haut standing pour assurer la rentabilité des partenaires.
Des projets sont déjà sur les rails avec des partenaires portugais (AMV2) et d’autres opérateurs pour construire à Yaoundé, Maroua (432 logements), Garoua (400) et Sangmélima.
En fin d’entretien, Ahmadou Sardaouna a lancé un appel à la structuration du secteur. Selon lui, le Cameroun ne doit pas seulement se focaliser sur le « social » pur, mais sur une offre diversifiée incluant les collectivités territoriales. L’adoption d’une loi sur l’habitat et de textes fondamentaux est jugée urgente pour donner une visibilité à long terme aux bâtisseurs.
Pour les Camerounais en attente d’un toit, le rendez-vous est pris pour 2026, année qui devrait marquer la concrétisation physique de ces nombreuses réformes de fond.
Arsène Nna

J’espère que la presse de pacotille qui a parlé de 96 milliards et de 10 ans a eu la bonne information et qu’elle va rectifier ses déclarations !
Nous l’espérons tous !