​Route Ebolowa-Akom II-Kribi : Le bitume de l’émergence, enfin scellé

Gazelle D'Afrique
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Ce 15 mai 2026, le Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) a franchi une étape décisive pour le développement infrastructurel du Cameroun. Par la signature d’un accord de prêt de 130,4 milliards de FCFA avec la Standard Chartered Bank de Londres, sous la garantie de l’UKEF, le gouvernement lance le compte à rebours final pour la construction de la route Ebolowa-Akom II-Kribi. Plus qu’un simple chantier routier, ce projet de 179,3 km s’affirme comme le nouveau moteur de croissance du corridor méridional.

L’accord paraphé aujourd’hui n’est pas qu’une simple transaction financière ; c’est l’activation d’un levier de croissance majeur. En reliant directement la capitale régionale du Sud à la cité portuaire de Kribi, l’État camerounais répond à une équation logistique restée trop longtemps sans solution.

La portée économique est immédiate : cette route devient l’artère principale d’évacuation vers le Port en eau profonde de Kribi. En fluidifiant le transport des marchandises, le Cameroun renforce la compétitivité de sa plateforme portuaire face aux géants de la côte ouest-africaine. Le corridor Cameroun-Tchad-RCA s’en trouve ainsi optimisé, consolidant le rôle de « hub logistique » du pays dans la sous-région.

Pour les populations d’Akom II et des localités environnantes, cette signature sonne comme la fin d’un long isolement. Le projet ne se contente pas de poser du bitume ; il ouvre des perspectives de vie nouvelles.

Le désenclavement des bassins agricoles est l’un des bénéfices les plus attendus. Jusqu’ici, une grande partie de la production de cacao et de vivriers périssait ou perdait de sa valeur faute de voies d’accès praticables. Demain, les planteurs pourront acheminer leurs produits vers les marchés urbains ou les points d’exportation avec une rapidité accrue et des coûts de transport réduits. C’est, concrètement, une augmentation directe des revenus pour des milliers de familles rurales.

L’analyse de ce financement révèle également une diplomatie économique camerounaise offensive. Le montage financier tripartite — impliquant le Cameroun, la Grande-Bretagne (via l’UKEF) et l’Italie (via le partenaire technique ICM) — témoigne de la solidité de la signature camerounaise sur la scène internationale.

Le fait que ce projet soit financé à hauteur de 130,4 milliards de FCFA par des institutions britanniques, avec une expertise technique italienne, démontre que le Cameroun sait diversifier ses partenaires pour répondre à ses ambitions de développement. Cette « coalition pour le développement » est un signal fort envoyé aux investisseurs mondiaux.

Enfin, il convient de regarder au-delà de nos frontières. Le projet routier Ebolowa-Akom II-Kribi est un projet « intégrateur ». En facilitant la liaison vers le Gabon et le Congo-Brazzaville, il s’inscrit parfaitement dans la dynamique de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF).

En somme, cette signature au MINEPAT n’est pas seulement l’annonce d’un chantier de trois ans. C’est la promesse d’une transformation structurelle de l’économie locale, d’une amélioration du bien-être social et d’une affirmation de la puissance logistique du Cameroun en Afrique Centrale. Le bitume qui sera bientôt posé entre Ebolowa et Kribi est, à n’en point douter, le socle sur lequel se construit l’émergence de demain.

Arsène Nna 

 

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