Riposte Institutionnelle à Kousséri : Le Préfet décrète la guerre aux stupéfiants

Gazelle D'Afrique

Quelques jours seulement après les violentes tensions qui ont secoué la ville de Kousseri — embrasée par un drame lié à une opération de police ciblant un consommateur de stupéfiants —, l’administration territoriale passe à la vitesse supérieure. Le Préfet du département du Logone-et-Chari, Fombele Mathias Tayem, vient de signer un arrêté fort et stratégique daté du 31 juillet 2026. Objectif affiché : s’attaquer frontalement au cœur du mal qui ronge la jeunesse locale à travers la création d’une Commission départementale de lutte contre le trafic, la commercialisation et la consommation des stupéfiants et des substances psychotropes.

Porté par l’Arrêté N°00069/AP/K23/SAAJAP, ce texte ne se contente pas d’effets d’annonce. Il pose les bases d’une action holistique et multisectorielle pour éradiquer les réseaux de drogue dans le département.

L’instance nouvellement créée se voit confier des missions précises et redoutables pour les trafiquants :

* Le renforcement du contrôle des circuits de trafic.

* Le partage accru de renseignements et la facilitation de la collaboration transfrontalière.

* La destruction systématique des produits saisis (sous réserve des procédures judiciaires).

* La mise à disposition de la justice de toute personne impliquée dans ce commerce illicite.

Ce qui frappe à la lecture de l’article 3 de l’arrêté, c’est le caractère holistique et ultra-sécuritaire de la commission. Le Préfet a ratissé large pour ne laisser aucune zone d’ombre administrative ou militaire :

* À la baguette : Le Préfet lui-même (ou son représentant) à la présidence, épaulé par le Délégué Départemental du Commerce comme rapporteur.

* L’appareil judiciaire et territorial : Les Sous-Préfets, le Président des Tribunaux d’Instance de Kousseri, et le Procureur de la République près lesdits tribunaux.

* Les forces de défense et de sécurité de premier plan : Le Commandant de la 41e Brigade d’Infanterie Motorisée (BIM), la Légion de Gendarmerie, le Commandant des BIR (zones Nord et Centre), le Commissaire Central, le Commandant de l’ESIR (dont l’unité était au cœur des récents incidents), ainsi que les services de renseignement (SEMIL, Antenne Surveillance du Territoire, DGRE).

* Les douanes et services techniques : Douanes de Kousseri et Fotokol, transports, forêts, environnement et districts de santé.

Cet acte réglementaire fort résonne comme une réponse directe aux événements tragiques de la fin juillet au quartier Ardébé-Ville (« Fourdou »). En s’attaquant au fléau des stupéfiants — souvent qualifié de catalyseur de l’insécurité urbaine et de la violence des confrontations entre civils et forces de l’ordre —, l’autorité préfectorale prend le problème à la racine.

En unissant sur un même document la justice, l’armée, la police, les renseignements et les administrations sectorielles, le Préfet Fombele Mathias Tayem envoie un message clair : la lutte contre la drogue ne sera plus seulement l’affaire d’une patrouille de routine, mais une politique publique départementale coordonnée.

Reste désormais à transformer l’essai sur le terrain. La réussite de cette commission dépendra de sa capacité à assainir les réseaux de STUPS tout en renouant un dialogue constructif et pacçonné avec une population locale encore sous le choc. Kousseri attend des actes concrets pour que la sécurité rime enfin avec la quiétude retrouvée.

Arsène Nna 

 

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