Élu à la tête du Conseil régional ce 16 décembre 2025, le Pr Haman Djalo n’est pas seulement un homme politique. C’est avant tout un universitaire de rang magistral qui a décidé de mettre sa rigueur scientifique au profit du développement local.
Si le grand public le découvre aujourd’hui comme le « patron » de la région, le monde académique connaît le Pr Haman Djalo depuis des décennies. Originaire de Salak, dans le département du Diamaré, il est une figure de proue de l’enseignement supérieur au Cameroun. Son nom reste indissociable de l’Université de Maroua (UMa), où il a servi comme le tout premier Secrétaire Général.
À ce poste, il a dû relever le défi titanesque de structurer administrativement une université naissante, aujourd’hui forte de plus de 40 000 étudiants. Professeur titulaire des universités, il a su allier la gestion complexe des ressources humaines universitaires à une production scientifique rigoureuse, notamment dans les domaines de la physique et des énergies renouvelables, des expertises qui s’avéreront cruciales pour les défis énergétiques de la région.
Contrairement à certains acteurs politiques parachutés, le Pr Djalo a suivi un parcours d’imprégnation. En tant qu’ancien Premier Vice-Président du Conseil régional sous la mandature de Daniel Kalbassou, il a passé les cinq dernières années à arpenter les six départements de l’Extrême-Nord. « C’est un homme qui écoute plus qu’il ne parle, mais dont les décisions sont toujours étayées par des données », confie un proche collaborateur.
Cette transition du « laboratoire » vers la « cité » fait de lui un profil atypique. Là où ses prédécesseurs utilisaient parfois des leviers traditionnels ou purement politiques, Haman Djalo privilégie l’approche par projet, la planification stratégique et l’évaluation des résultats.
Âgé de 61 ans, le Pr Djalo incarne une synthèse nécessaire pour l’Extrême-Nord. Respectueux des chefferies traditionnelles et des équilibres socioculturels de sa région natale, il n’en reste pas moins un progressiste. Son bureau, composé de figures venues du Logone-et-Chari, du Mayo-Kani ou encore du Mayo-Tsanaga (avec Mme Aissatou), montre sa volonté de gouverner par l’inclusion territoriale.
Son élection avec 74 voix contre 15 n’est pas qu’une simple victoire électorale ; c’est un mandat clair donné à un intellectuel pour transformer le potentiel économique de la région — de l’agriculture irriguée au tourisme en passant par le commerce transfrontalier — en une prospérité partagée.
La rédaction
