À la tête de la Direction de l’Éducation Civique et de l’Intégration Nationale, cette native du Logone-Birni trace un sillon exemplaire entre tradition et modernité. Alliant une expertise technique de haut niveau à une profonde dévotion républicaine, Maha Hadja Ouza épse Ibrahim s’est imposée comme une figure incontournable du ministère de la Jeunesse. Portrait d’une femme d’État qui a fait du civisme et de l’entrepreneuriat les deux leviers de son engagement pour la nation.
L’histoire de Maha Hadja Ouza commence sous le signe de l’excellence académique et de la mobilité géographique, préfigurant déjà sa vision d’une intégration nationale vécue au quotidien. Née le 24 mai 1975 à Yaoundé, elle grandit au rythme des mutations administratives, forgeant son caractère entre la rigueur du Grand-Nord et le dynamisme de la capitale.
Son parcours scolaire est un modèle de persévérance : après un CEPE obtenu en 1986 à l’École du Centre de Yaoundé, elle poursuit ses études secondaires avec brio, décrochant son BEPC en 1990 puis son Probatoire D en 1992 au Lycée Classique de Ngaoundéré. En 1993, elle boucle ce cycle avec un Baccalauréat série D au Lycée Bilingue de Yaoundé, s’ouvrant ainsi les portes de l’enseignement supérieur avec un profil scientifique solide.
C’est à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) de Yaoundé qu’elle trouve sa véritable vocation. En 1996, elle y obtient son diplôme de Conseiller de Jeunesse et d’Animation, avant de parfaire sa formation en 2001 avec le grade de Conseiller Principal. Cette double casquette de scientifique et d’éducatrice sociale deviendra la pierre angulaire de sa méthode. Comme elle aime à le rappeler : « La jeunesse n’est pas un problème à résoudre, mais une force à orienter. Pour construire une nation solide, nous devons d’abord construire des citoyens conscients de leur valeur et de leurs devoirs. »
La carrière de Maha Hadja Ouza est une longue immersion sur le terrain, loin des bureaux feutrés. Dès 1996, elle fait ses premières armes comme encadreuse au Centre Multifonctionnel de Promotion des Jeunes (CMPJ) de Madagascar à Yaoundé. Cette expérience séminale lui permet de comprendre les réalités de la jeunesse urbaine, ses aspirations et ses déviances potentielles.
Elle gravit ensuite les échelons avec une régularité impressionnante : coordonnatrice au Lycée de la Cité-Verte, des activités post et périscolaires en 1998, puis Chef de Service des activités post et périscolaires dans des établissements techniques de renom entre 2001 et 2002. En 2004, son expertise est sollicitée à la Délégation Régionale de la Jeunesse du Centre, où elle occupe des postes de responsabilité croissante dans la gestion de la vie associative et des loisirs.
Un tournant majeur s’opère lorsqu’elle intègre le Programme d’Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine (PAJER-U) en tant que Chef de Département de la Mobilisation et de la Formation. Dans ce laboratoire de l’autonomie économique, elle déploie toute son ingénierie de projet. Pour Maha Hadja Ouza, l’éducation civique ne peut être dissociée de la survie économique.
Sous sa houlette, des milliers de jeunes ont été formés non seulement aux valeurs républicaines, mais aussi aux techniques concrètes de montage de projets. Elle ne se contente pas de discourir ; elle outille. Sa maîtrise des logiciels de gestion (Word, Excel, Publisher) et son sens de l’innovation lui permettent de structurer des programmes de formation qui répondent aux exigences réelles du marché de l’emploi. Sa conviction est profonde : « L’autonomie financière est le premier pas vers la dignité citoyenne. Un jeune qui crée de la valeur est un jeune qui respecte sa patrie. »
Femme de son temps, elle a compris très tôt que le Cameroun devait s’inspirer des meilleures pratiques mondiales. En 2008, elle effectue un stage déterminant en Israël sur l’entrepreneuriat jeune. Ce voyage d’étude transforme sa vision de l’encadrement social. Elle y découvre comment transformer le dynamisme de la jeunesse en un moteur de croissance nationale.
De retour au pays, elle renforce son expertise académique par des formations de haut niveau au sein de l’Institut Supérieur de Management Public (ISMP) et en gestion des ressources humaines. Cette polyvalence fait d’elle une gestionnaire aguerrie, capable de piloter des structures complexes avec une aisance relationnelle et une résistance au stress remarquables.
Depuis 2021, Maha Hadja Ouza occupe le poste stratégique de Directrice de l’Éducation Civique et de l’Intégration Nationale au MINJEC. À ce poste, elle est devenue l’un des bras droit opérationnel du ministre, une collaboratrice dont le dynamisme est jugé indispensable à la réussite des politiques gouvernementales.
Forte d’une expertise consolidée au fil des années, Maha Hadja Ouza a vu ses responsabilités s’accroître au sein de l’appareil étatique. Elle occupe désormais la fonction stratégique de Coordonnateur Adjoint du PRONEC-REAMORCE (Programme National d’Éducation Civique par le Réarmement Moral, Civique et Entrepreneurial) depuis 2023, une mission au cœur des enjeux de transformation de la jeunesse camerounaise.
Ce rôle s’ajoute à son expérience de Chef de Cellule du Suivi au sein du ministère, où elle assure la veille et l’efficacité des politiques publiques liées à l’intégration nationale. Ces fonctions illustrent sa polyvalence et sa capacité à piloter des programmes d’envergure mêlant éthique citoyenne et dynamisme entrepreneurial.
Son origine du Logone-Birni, dans le département du Logone et Chari, lui confère une légitimité particulière. Elle incarne cette diversité camerounaise qu’elle prône au quotidien. Polyglotte, elle s’exprime avec la même aisance en français (excellent) qu’en anglais, en arabe ou en kotoko. Cette compétence linguistique est un véritable outil de médiation. Elle affirme souvent : « Parler la langue de l’autre, c’est franchir la moitié du chemin vers la paix. Notre diversité n’est pas une barrière, c’est notre plus grande richesse républicaine. »
Derrière la directrice rigoureuse se cache une femme de valeurs, profondément attachée à l’équilibre familial. Mariée et mère de trois enfants, elle gère sa carrière avec une discrétion exemplaire, particulièrement lorsqu’il s’agit des affaires politiques, préférant se laisser juger sur ses résultats concrets et son respect scrupuleux des idéaux de l’État.
Ses collaborateurs décrivent une femme magnanime et intelligente, dont la sociabilité n’altère en rien la fermeté sur les principes. Lorsqu’elle quitte son bureau, Maha Hadja Ouza retrouve l’équilibre dans la lecture, les voyages et le sport, des activités qui nourrissent sa curiosité insatiable.
Maha Hadja Ouza est convaincue que le développement du Cameroun passe par une jeunesse « bien dans sa tête et dans sa patrie ». Sa vision est celle d’un citoyen moderne : technophile, entrepreneur, mais avant tout patriote. Elle travaille sans relâche pour que l’intégration nationale ne soit plus un slogan, mais une réalité vécue par chaque jeune. Son ultime message à la jeunesse résume son sacerdoce : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous quel projet vous pouvez bâtir pour le transformer. L’avenir appartient à ceux qui osent entreprendre avec éthique et dévouement. »
Arsène Nna
