Le 16 décembre dernier, à Maroua, une page de l’histoire politique de l’Extrême-Nord s’est écrite avec l’élection plébiscitaire de Bichara Aboukar au poste de Premier Vice-Président du Conseil Régional. Seul candidat en lice, cet Inspecteur Principal des Impôts a recueilli 100 % des suffrages, scellant ainsi une alliance stratégique avec le Pr Haman Djalo. Entre expertise financière éprouvée et fidélité politique inébranlable, ce digne fils du Logone et Chari incarne désormais cette nouvelle garde de « dauphins » sur laquelle la région mise pour accélérer la décentralisation et lutter contre la précarité.
L’élection de Bichara Aboukar n’est pas qu’une simple formalité administrative ; c’est un signal fort envoyé par les grands électeurs de la région. En obtenant l’unanimité des voix, il bénéficie d’une légitimité totale pour entamer un mandat de cinq ans qui s’annonce décisif. Ce score de 100 % témoigne d’un consensus autour de sa personne, mais aussi de la reconnaissance du département du Logone et Chari comme un bastion inexpugnable du RDPC. Dans une région en quête de nouveaux leaders capables de répondre aux aspirations de développement, son profil détonne par son dynamisme et sa rigueur.
Avant d’être un homme politique, Bichara Aboukar est avant tout un haut commis de l’État. Inspecteur des Régies Financières diplômé de l’ENAM (Promotion 2003), il a gravi tous les échelons de l’administration fiscale camerounaise. De Chef de centre divisionnaire à Douala et à Yaoundé jusqu’à son rôle actuel à la Direction Générale des Impôts, il maîtrise les rouages de la mobilisation des ressources.
Cette expertise technique est le « bras armé » dont le Conseil Régional a besoin. À l’heure où la décentralisation exige une autonomie financière accrue, sa présidence de la Commission des Finances, des Infrastructures, du Plan et du Développement Économique de la région n’est pas fortuite. Il est l’homme du chiffre, celui qui devra transformer les budgets en projets concrets pour désenclaver les localités et moderniser les infrastructures de l’Extrême-Nord.
Le socle de son action repose sur une formation académique solide. Né en 1974 à Ndjimini dans l’arrondissement de Makary, Bichara Aboukar est un pur produit du système éducatif camerounais, ayant fréquenté les lycées de Kousseri et de Garoua avant de décrocher une Maîtrise en Économie Publique à l’Université de Yaoundé II Soa. Son passage par l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) a parachevé cette stature de technocrate.
Il ne s’est pas arrêté là, enrichissant son CV de certifications internationales prestigieuses, notamment en audit interne auprès du Département du Trésor Américain et en management stratégique avec l’Institut du FMI. Cette ouverture internationale lui donne une vision globale des enjeux de gouvernance, un atout majeur pour attirer des investissements dans une région meurtrie par les crises climatiques et sécuritaires.
Si sa compétence est technique, son cœur bat pour le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Son engagement ne date pas d’hier : dès 1992, alors qu’il n’avait que 18 ans, il représentait déjà le bureau du parti à Ndjimini lors des élections législatives et présidentielles. Depuis lors, il a été de toutes les batailles. Chargé de mission, trésorier pour la mobilisation des fonds, ou encore point focal pour les campagnes présidentielles, il a démontré une loyauté sans faille envers le Président Paul Biya.
Lors de la crise de la COVID-19, il s’est illustré sur le terrain par la distribution de kits sanitaires et l’organisation d’ateliers de réflexion, prouvant que son engagement n’est pas seulement électoraliste, mais profondément social.
Aux côtés du Pr Haman Djalo, Bichara Aboukar forme un « duo choc » qui allie la sagesse académique à la rigueur financière. Leur mission pour les cinq prochaines années est titanesque. L’Extrême-Nord fait face à une précarité ambiante qui touche l’éducation, l’accès à l’eau et l’emploi des jeunes. Le nouveau Premier Vice-Président devra actionner les leviers de la décentralisation pour que les ressources régionales profitent directement aux populations de Makary, Kousseri, et au-delà.
Son élection marque l’entrée en force d’une génération prête à prendre la relève, des « dauphins » formés à la dure école de l’administration et du militantisme de terrain.
Bichara Aboukar n’est plus seulement le fils du Logone et Chari ; il est désormais l’un des architectes du destin de toute la région de l’Extrême-Nord. Son ascension fulgurante est le fruit d’un équilibre rare entre une tête bien faite et un ancrage local profond.
Pour les populations de Maroua à Kousseri, son élection à 100 % est porteuse d’un espoir : celui d’une gestion transparente, d’un développement accéléré et d’une présence politique forte qui saura porter les voix de la région au plus haut sommet de l’État.
Arsène Nna





