Le « Projet Agro-pastoral du Cameroun « , une initiative catalyseur de développement

Gazelle D'Afrique
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« L’agriculture est un grand pont par lequel doit passer l’économie du Cameroun « Mendo Bilé Kévin, jeune entrepreneur agricole s’ouvre à nous, à travers cet entretien exclusif. Porteur d’un important projet dénommé « Projet Agro-pastoral du Cameroun « , son amour pour l’agriculture date depuis sa tendre enfance. Mendo’o Bilé est classé parmi ceux là qui pensent que, le développement du Cameroun se fera indéniablement par l’agriculture.

Dans cet entretien, il invite les jeunes camerounais à croire aux facilités que nous offre la terre et de s’y lancer sans réfléchir, car la « terre ne trompe pas ». Lisons plutôt !

GA: Merci de l’opportunité que vous nous offrez, vous êtes entrepreneur agricole vous venez de mettre sur pied votre Groupement d’initiative commune (GIC) connu sur le nom de « Projet Agro-pastoral du Cameroun ». Présentez nous le projet en question.

Bonjour, merci de vous intéresser en ma modeste personne ce matin. En effet, je suis un jeune entrepreneur agricole, et vous savez aujourd’hui l’agriculture est un domaine sur lequel se reposera l’économie et l’avenir du Cameroun. Vous savez autrefois, le Cameroun était un pays d’autosuffisance alimentaire. Mais cela n’est plus le cas aujourd’hui à cause de la flambée des prix sur le marché que nous avons tous observée. Alors, je suis le président du GIC dénommé « Projet Agro-pastoral du Cameroun ». Notre vision c’est-à-dire celle du président et de tous les membres du groupe, est de faire de l’agriculture un pionnier majeur pour l’économie du Cameroun.

GA: Quel ont été vos motivations ? Pourquoi vous vous intéressez à l’agriculture ? Vous êtes également un fonctionnaire à la fonction publique du Cameroun !

Oui effectivement ! je suis fonctionnaire mais l’agriculture il faut le savoir, c’est une question d’amour. C’est un domaine qui m’intéresse depuis ma tendre enfance. Et j’ai des idées de mettre cet amour au service du Cameroun parcequ’aujourd’hui, beaucoup de denrées alimentaires produites au Cameroun vont vers l’extérieur du pays. C’est pas normal. Avec mon petit niveau, j’aimerais rectifier cela. Je voudrais que le Cameroun bénéficie du fruit de sa terre. C’est ma motivation à faire dans le domaine de l’agriculture et l’élevage. Il faut préciser que les deux vont de paires.

GA: Quelles seront vos spécificités au niveau de l’agriculture et de l’élevage ?

Oui, le Cameroun a de nombreux défis à relever dans ce domaine. Il y a une grande filiale cacao qui a été mise sur pied au Cameroun. Le premier domaine que nous entamerons sera la culture du cacao. Il est une culture incontournable dans le monde. On fait du chocolat et autres avec du cacao. Le cacao se trouve en Afrique et nous devrions continuer à fournir le marché mondial en cacao.

Pourquoi ne pas produire notre propre cacao en matière consommable ? Dans un premier temps, c’est le cacao puis la banane plantain qui se fait prisée par la population du Cameroun. Nous entendons faire le maïs qui est un aliment incontournable au Cameroun de part sa divergence de destination. Les brasseries du Cameroun font la bière avec du maïs. Les sociétés camerounaises de provenderies ont pour matière première le maïs. Il se consomme également par le citoyen lambda et je crois que même le manioc. Le manioc se fait rare parceque nous avons découvert qu’on peut faire avec du manioc, l’amidon, du Tapioca communément appelé Gari. On fait même les aliments pour les animaux. Donc le manioc entre également dans notre collimateur.

C’est ce que nous avons en vue concernant l’agriculture. Concernant l’élevage, nous avons ciblé d’abord dans un premier temps la pisciculture et l’héliciculture. Le marché Camerounais a une demande sans cesse grandissante en poissons notamment les silures, le tilapia, la carpe, les capitaines, etc. Les producteurs n’arrivent pas à satisfaire le marché. Un producteur de plus sera la bienvenue pour satisfaire le marché aussi bien local qu’international. Le Cameroun est le grenier de l’Afrique. Alors ça veut dire que beaucoup de pays d’Afrique viennent chercher à manger ici. Quant à l’héliciculture, une branche de l’élevage que beaucoup de personnes ne connaissent. C’est l’élevage d’escargots comestibles. L’escargot c’est de l’or également, beaucoup de gens ne le savent pas. il est d’abord prisé pour sa chaire très protéinée et aussi prisé pour sa bave qui est beaucoup rechercher dans la cosmétique. Et sa coquille qui est un grand remède. Pour ceux qui font dans le domaine de la pharmacie traditionnelle, ils en savent quelque chose. En grosso modo, nous avons ces 2 projets en vue.

GA: Compte tenu des difficultés que nous observons au Cameroun qui sont celles de bénéficier des financements pour se lancer, quelle est la stratégie que vous mettrez sur pieds pour s’en sortir ?

Merci pour cette question qui est très intéressante. Vous savez que le Président de la République, S.E Paul Biya a beaucoup misé sur l’agriculture et l’élevage. De ce fait, il a décidé d’accompagner les projets des jeunes en octroyant des financements aux projets. Malheureusement les financements ne vont pas où ils devront aller. Qu’à cela ne tienne, il existe encore des personnes qui aiment le Cameroun et qui veulent son développement. Nous comptons sur elles pour faciliter les financements. Pour un début, nous comptons travailler sur nos fonds propres, nous espérons que les accompagnements financiers et matériels ou de toute autre nature qu’ils soient vont emboîter le pas et continuer la marche avec nous.

GA: Comment comptez-vous concilier votre travail à celui du GIC. Au niveau d’Ambam où le GIC est basé et vous, qui travaillez à l’extrême nord du Cameroun, précisément à Kousseri, comment comptez vous concilier votre temps pour gérer en même temps vos activités Agro-pastorales et votre fonction ?

Merci encore pour cette question pertinente. Ce problème a été porté à l’Assemblée Générale constitutive du GIC et nous avons pris certains nombres de mesures aléatoires à ce problème d’indisponibilité du président du « Projet Agro-pastoral du Cameroun ». Parmi les mesures que nous avons prises, nous avons déjà équipé notre GIC de 3 ingénieurs agricoles sortis des écoles de renom. Alors pour le moment, le président que je suis, je m’appuie beaucoup sur mes ingénieurs. ils sont experts en la matière. Je ne suis que la partie administrative et la tête pensante du projet. En exécution, nous avons nos spécialistes en la matière sur le terrain. Nous avons également recruté de la main-d’œuvre pour les accompagner. Il n’y aura pas de problème par rapport à ma présence sur le terrain. Qu’à cela ne tienne, j’essayerais de descendre dès que l’opportunité me le permettra. J’irais pour vérifier l’avancé des travaux.

GA: En tant que jeune entrepreneur agricole qui vient de s’établir, quel est le message que vous pouvez adresser aux jeunes qui minimisent encore ce domaine tant vanté par le chef de l’État ?

Vous savez que c’est la pensée d’un grand universitaire qui disait que laissez la politique aux politiciens ; le Cameroun ne va se développer qu’avec la politique. Un pays a besoin beaucoup plus de l’économie pour se développer. L’agriculture est un grand pont par lequel doit passer l’économie du Cameroun. malheureusement beaucoup de jeunes comme moi ne l’ont pas encore compris, mais je profite de l’occasion pour lancer ici un message aux jeunes, en leur disant que l’agriculture est trop importante et bénéfique pour notre pays. L’agriculture a développé beaucoup de pays dans le monde. Vous voyez aujourd’hui la Russie à cause de la guerre Ukraino-Russe, nous avons vu la flambée des matières faites à base du blé telles que la farine de blé, les spaghettis, le pain etc. La Russie est un grand producteur de blé. Elle a acquis cette place mondiale en produisant, en faisant de l’agriculture du blé une place de choix. J’appelle tous les jeunes à se lancer comme moi, pas forcément parce qu’ils y feront fortune mais, pour bien commencer quelque chose, quelque part doucement. On verra où on en arrivera.

GA: M. Mendo’o Bilé, nous vous remercions pour cet entretien.

Les remerciements sont les miens à votre égard. Je remercie également votre illustre quotidien d’avoir porté son attention en ma modeste personne.

Propos recueillis par Ousmanou Koulalé à Kousséri

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