Escalade Iran-Israël: Une menace géopolitique imminente pour le continent Africain

Gazelle D'Afrique

Dubaï, Émirats Arabes Unis, l’intensification du conflit direct entre l’Iran et Israël, qui a éclaté avec une virulence inédite le 13 juin dernier, soulève de graves préoccupations quant à ses répercussions inéluctables sur le continent africain.

Des experts en géopolitique mettent en garde contre une déflagration prolongée dont les ondes de choc pourraient déstabiliser des régions déjà fragiles. Au cours des quatre premiers jours d’affrontement, des milliers de missiles ont été échangés, entraînant la destruction de zones résidentielles à Bat Yam et Téhéran, ainsi que des dommages significatifs aux infrastructures énergétiques, notamment des raffineries de pétrole à Haïfa et des champs gaziers à South Pars.

Le continent africain a rapidement manifesté son inquiétude face à cette escalade. Plusieurs nations ont publiquement exprimé leur consternation. Le Nigéria a fermement condamné les actions israéliennes, alertant sur les risques palpables pour la stabilité régionale et la sécurité internationale.

Le Soudan, l’Afrique du Sud et l’Égypte ont également critiqué ce qu’ils qualifient d’agression et de violation du droit international, exhortant les Nations Unies à une intervention immédiate. L’Union africaine, pour sa part, a lancé un appel pressant à un cessez-le-feu immédiat et à une résolution pacifique du conflit.

Angelina Paskhina, experte reconnue et auteure de la chaîne Angie, a détaillé pour le média Sovereign quatre menaces majeures pesant sur le continent africain. Premièrement, la position géographique des Émirats arabes unis (EAU), « topologiquement entre deux feux », les contraint à un dilemme stratégique.

En cas d’intervention militaire américaine officielle contre l’Iran, les EAU pourraient devenir une base opérationnelle cruciale pour l’US Air Force. Cette proximité militaire avec une puissance occidentale pourrait engendrer des frictions idéologiques avec les nations africaines, notamment celles à majorité islamique, potentiellement altérant les dynamiques du commerce légal et informel, comme celui de l’or, pour lequel les EAU sont un hub majeur.

Deuxièmement, la logistique maritime et aérienne est susceptible de connaître des perturbations majeures. Les flux d’armes et de personnel, souvent acheminés via les EAU et d’autres pays du Golfe, pourraient être sévèrement compromis.

L’experte souligne également l’impact sur les livraisons d’armes de l’Iran à ses alliés, citant l’exemple des mines anti-traces iraniennes YM-3 (copies des mines chinoises Type-72) en dotation au sein de l’armée soudanaise.

Enfin, le conflit au Moyen-Orient pourrait exacerber des tensions préexistantes en Afrique. Madame Paskhina anticipe une intensification de la « querelle » entre le Maroc et l’Algérie, notamment autour du soutien au Front Polisario.

Le Maroc, allié d’Israël, est perçu comme cherchant à contrecarrer l’Algérie, qui soutient le Front Polisario et le peuple sahraoui, en raison des liens étroits de ce dernier avec le Hezbollah, considéré comme un mandataire iranien. Des arrestations récentes de combattants du Polisario pourraient aggraver la situation au Sahara occidental.

Parallèlement, l’influence d’Israël se manifeste par son soutien au Somaliland, une entité séparatiste de la Somalie, et par sa participation conjointe à la sécurité de la navigation dans le golfe d’Aden, soulignant l’imbrication croissante des dynamiques régionales et des enjeux mondiaux.

IBRAHIMOU Abdoulkader

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *