​Garoua : Quand l’action municipale redonne leur dignité aux commerçantes Mbororo

Gazelle D'Afrique

Visite de chantier, ferveur populaire et larmes de soulagement : la journée du samedi 24 octobre 2026 restera gravée au Marché Mbororo de Garoua. En inaugurant une plateforme marchande sécurisée et moderne de plus de 100 mètres de long, le Maire de la Ville, Goura Beladji, met fin à des décennies de précarité pour les vendeuses de Kossam. Un geste d’urbanisme social qui conjugue sécurité routière, hygiène publique et valorisation de l’économie de proximité.

Il est 12 heures précises lorsque la chaleur écrasante du milieu de journée s’abat sur la capitale régionale du Nord. Fidèle à sa méthode de gouvernance axée sur le contrôle direct du terrain, le Maire de la Ville de Garoua, Goura Beladji, effectue sa traditionnelle tournée d’inspection des chantiers municipaux. Mais ce samedi 24 octobre 2026, l’étape du Marché Mbororo a pris une tournure particulièrement émouvante, transformant un simple contrôle technique en un grand moment de communion républicaine.

Devant l’édile et sa suite s’imposait un ouvrage très attendu : une plateforme surélevée, assainie et protégée, déployée sur plus de 100 mètres linéaires. Désormais réservé aux femmes de la communauté Mbororo — figures centrales de la vente traditionnelle du Kossam (lait caillé) —, cet espace matérialise le passage de la marginalité urbaine à une intégration économique décente.

Pendant de nombreuses années, ces femmes, véritables symboles de résilience, ont exercé leur activité au péril de leur vie. Installées à même le sol au bord d’une route bitumée à forte circulation, elles subissaient au quotidien les affres des intempéries : le soleil de plomb, les ruissellements de pluie, la poussière permanente soulevée par les véhicules et, surtout, la menace constante des accidents de la route. Malgré ces contraintes extrêmes, elles maintenaient à bout de bras une filière laitière artisanale emblématique de la gastronomie et de la culture locales.

L’officialisation de leur installation sur ce site moderne a déclenché une vague d’émotion spontanée. Dans une atmosphère empreinte d’allégresse, entre cris de joie et youyous retentissants, les commerçantes ont entouré le premier magistrat de la cité. Les prières en langue fulfulde se sont élevées du marché : « Que Dieu garde le Maire Goura Beladji ! Qu’il aille loin ! », ont lancé en chœur plusieurs mères de famille, émues aux larmes face à ce qu’elles qualifient de « renaissance ».

Au-delà de l’impact émotionnel et de la symbolique politique, la démarche de Goura Beladji répond à une analyse rigoureuse des besoins de la cité. L’aménagement de cet espace dédié s’articule autour d’un quadruple enjeu stratégique :

* Justice sociale et condition féminine : Offrir un cadre de travail salubre et structuré à des femmes chefs de ménage issues de communautés parfois vulnérables.

* Sécurité et fluidité routières : Désengorger les abords de la chaussée en éliminant les occupations anarchiques du domaine public, réduisant ainsi drastiquement les risques d’accident.

* Sécurité sanitaire et hygiène : Garantir des normes de conservation optimales pour la commercialisation du lait, un produit hautement périssable, protégeant du même coup la santé des consommateurs.

* Intégration de l’économie informelle : Formaliser le commerce de proximité sans le pénaliser, afin d’en faire un maillon fort du tissu économique municipal.

Cette séquence au Marché Mbororo illustre la marque de fabrique que Goura Beladji imprime à la Communauté Urbaine de Garoua : un leadership de proximité où la décision politique se traduit immédiatement par des réalisations concrètes et à fort impact humain.

En transformant le quotidien de ces vendeuses de Kossam, la municipalité prouve que le développement d’une métropole régionale ne se mesure pas seulement aux kilomètres de goudron coulé, mais aussi à sa capacité à inclure tous ses citoyens dans la dynamique de modernisation. Au Marché Mbororo, la précarité a cédé la place à la dignité.

Abdoul Salam Moumini 

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