Faisant partie des personnalités les plus influentes du colloque international organisé à Yaoundé dans l’optique d’examiner, entre autres, les défis juridiques que posent les systèmes d’IA et les technologies émergentes à l’application du droit international humanitaire, la présidente de la Croix-Rouge camerounaise est montée au créneau pour faire entendre sa voix. Elle a ainsi prononcé un discours riche et très édifiant lors de la cérémonie de clôture qui s’est tenue le 27 Novembre 2025. Voici du reste un extrait de cette prise de parole solennelle.
» Alors que nous nous acheminons vers le terme de ce colloque international, tenu sous le thème « Droit international humanitaire et intelligence artificielle: perspectives africaines», Permettez-moi de formuler mon infinie gratitude à tous les participants pour la qualité exceptionnelle des échanges que nous avons eus durant ces trois jours…
Nous avons scruté à travers l’histoire, les pratiques militaires, les défis juridiques, les enjeux humanitaires et les responsabilités et éthiques que soulèvent l’essor de l’intelligence artificielle dans les conflits contemporains. Toute chose qui présente un risque de science sans conscience, peut-être. Mais, à l’issue du présent colloque, trois convictions se dégagent avec vigueur: l’Afrique ne doit pas subir l’intelligence artificielle. Elle doit la penser, la régler et l’humaniser. Le droit international humanitaire reste la boussole même face à l’avancée des technologies les plus sophistiquées et les plus osées…
La convergence des luttes entre États, universités, organisations humanitaires et secteurs technologiques dans l’encadrement des avancées de notre siècle, n’est plus une option, c’est une nécessité stratégique. Au regard de ce qui précède, il est plus qu’urgent : De travailler main dans la main avec l’État dans la compréhension et la régulation des technologies émergentes. De renforcer les formations en lien avec le droit international humanitaire et les risques que présente l’intelligence artificielle aux côtés des bénévoles. Des juristes et des partenaires, les hommes officiellement en arme, y compris les ingénieurs créateurs des solutions intelligentes artificielles. De développer un cadre national de concertation permanent associant universités, centres de recherche et acteurs humanitaires. De faire entendre la voie d’une diplomatie humanitaire africaine sur les armes autonomes. Parce qu’humaniser la technologie, c’est aussi protéger les vies.
Mesdames et Messieurs, nous avons partagé ici des connaissances, mais aussi une vision. Celle d’une Afrique qui refuse que la technologie fasse périr aveuglement l’être humain. Je voudrais remercier sincèrement le CICR, l’Université de Youndé 2 et partant le CEDIC, l’ensemble des universitaires et experts présents, les rapporteurs, modérateurs et panélistes, et tous les participants qui ont enrichi ces travaux « .
Fabien Mbarga

