Le Cameroun est en pleine mutation. Le pays s’apprête à lancer, ou à achever, une série de dix mégaprojets structurants qui promettent de transformer en profondeur son économie, ses infrastructures et sa place dans la sous-région. Des extensions portuaires colossales aux barrages hydroélectriques géants, en passant par des autoroutes de désenclavement et une interconnexion électrique historique avec le Tchad, ces chantiers, dont le démarrage est attendu dès 2026, sont le moteur d’une ambition nationale visant à faire du Cameroun un véritable hub logistique et énergétique de l’Afrique centrale. Ces investissements, qui se chiffrent en milliers de milliards de FCFA, sont le signe d’une volonté de moderniser le pays et d’offrir des opportunités concrètes à ses populations.
Le programme d’investissement camerounais se concentre sur des piliers stratégiques : logistique, énergie et connectivité. Le projet le plus emblématique reste l’Extension du port en eaux profondes de Kribi (Phase 2). Avec un investissement de plus de 400 milliards de FCFA, cette phase vise à augmenter la capacité de traitement des marchandises de 40%, positionnant Kribi comme un port rival des plus grands d’Afrique. Ce chantier promet de créer des milliers d’emplois et de renforcer la connectivité du pays avec l’Asie, l’Europe et l’Amérique, modifiant ainsi la carte économique régionale.
En matière d’énergie, le pays mise sur la souveraineté. Le Barrage hydroélectrique de Kikot (Numéro 9) est un projet titanesque de 650 milliards de FCFA qui devrait injecter 500 MW supplémentaires dans le réseau national. Soutenu par la Banque mondiale, ce barrage doit répondre à la demande croissante en électricité fiable et respectueuse de l’environnement, ouvrant même la voie à des exportations d’énergie vers la sous-région.
Une part substantielle des investissements concerne les infrastructures routières, visant à désenclaver des régions clés et à fluidifier le commerce transfrontalier. L’Axe Ngaoundéré – Garoua (242 km) (Numéro 8) : Financée par la Banque africaine de développement, cette nouvelle route dans le Grand Nord est essentielle pour réduire les temps de trajet et faciliter la circulation des produits agricoles et manufacturés. La Route Mora – Dabanga – Kousséri (205 km) (Numéro 7) : Cruciale pour les échanges avec le Tchad et le soutien aux opérations humanitaires dans cette zone sensible, ce projet financé par la Banque mondiale est attendu d’ici début 2026.
Les Aménagements Routiers de l’Extrême-Nord (Numéro 6) : Des tronçons comme Moutourwa–Maroua ou Maroua–Bogo–Pouss ont vu leurs travaux achever en 2025, désenclavant des zones rurales et dynamisant l’économie locale. La Route Ebolowa – Akom 2 – Kribi (179 km) (Numéro 5) : Ce ruban d’asphalte reliera l’hinterland au port en eaux profondes, servant de lien vital pour l’exportation (bois, cacao) et le développement du tourisme balnéaire. Le Pont sur le fleuve Logone (Yagoua–Bongor) (Numéro 4) : Déjà achevé, cet ouvrage de plus de 600 mètres symbolise l’intégration régionale, facilitant le commerce intense et le rapprochement entre le Cameroun et le Tchad.
Au-delà des infrastructures lourdes, ces mégaprojets touchent directement la vie des citoyens : Le Centre Hospitalier Régional (CHR) de Ngaoundéré (Numéro 3) : Inauguré en décembre 2024, cet hôpital ultra-moderne, doté de services spécialisés, révolutionne l’accès aux soins de qualité dans la région de l’Adamaoua, évitant aux populations de longs et coûteux déplacements. Le Lac municipal de Yaoundé & Zone économique de Ngoumou (Numéro 2) : Ce double projet vise la modernisation urbaine (loisirs, commerces) et la création d’une zone économique mixte (industrielle, logistique) pour attirer les investissements étrangers et générer des centaines d’emplois.
L’Interconnexion Électrique Cameroun–Tchad (Numéro 1) : Évalué à 557,5 milliards FCFA, ce projet stratégique prévoit 566 kilomètres de lignes haute tension. Il ne s’agit pas seulement de mutualiser les ressources, mais surtout d’apporter l’électricité stable à des centaines de villages le long du tracé, transformant radicalement le quotidien (éducation, santé, conservation des aliments) et renforçant la coopération politique entre les deux États.
Ces dix chantiers, qu’ils soient portuaires, énergétiques ou routiers, confirment la trajectoire du Cameroun vers une place renforcée sur la carte économique africaine, avec un accent mis sur l’emploi, la connectivité et l’amélioration du cadre de vie des populations.
La Rédaction










