Bruno Bidjang, le bouclier médiatique au service du pouvoir en place

Gazelle D'Afrique
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Ancien directeur des médias du groupe L’Anecdote, François Bruno Bidjang, de retour sur la scène publique après sa libération en août 2024, a endossé le rôle de figure médiatique incontournable lors de la récente élection présidentielle. Devenu un influenceur politique majeur sur les réseaux sociaux, il s’est érigé en défenseur acharné du président Paul Biya. Son engagement, qualifié de « fusible ardent » par certains, a fait de lui le point de mire des débats, détournant l’attention et les critiques des personnalités du sérail. Portrait d’un homme dont l’influence et le style ont marqué le paysage politique camerounais.

François Bruno Bidjang Oba’a Bikoro, originaire du Sud du Cameroun, est un journaliste de formation, diplômé de l’Issam. Son parcours est marqué par des rebondissements spectaculaires, notamment son passage en tant que directeur général des médias au sein du groupe L’Anecdote de Jean-Pierre Amougou Belinga. C’est d’ailleurs sous cette casquette qu’il est interpellé une première fois dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo, avant d’être relaxé.

Plus récemment, en février 2024, il est de nouveau interpellé à Bafoussam, incarcéré au Secrétariat d’État à la Défense (SED) et entendu au tribunal militaire de Yaoundé. Son interpellation survenait quelques jours après une chronique très commentée dénonçant l’apathie des Camerounais face à leurs conditions de vie. Il sera finalement libéré le 23 août 2024.

Loin de l’éloigner de la sphère publique, cette période trouble semble avoir renforcé son engagement. L’élection présidentielle du 12 octobre dernier a révélé une nouvelle facette de Bruno Bidjang : celle d’un militant politique numérique, défenseur intransigeant du président Paul Biya et du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Sur les réseaux sociaux, ses prises de position font mouche. Elles sont abondamment commentées, aimées et partagées par ses abonnés.

L’auteur, Malcom Barnabé Paho, souligne son talent pour les « montages Hollywoodiens » et la capacité de ses messages, souvent qualifiés de « mensonges véridiques » par ses détracteurs, à convaincre une large audience. Avant même la proclamation officielle des résultats, Bidjang n’a pas hésité à avancer des chiffres de victoire pour le président Biya, notamment dans plusieurs localités et régions.

Il a méthodiquement contrecarré les narratifs développés par d’autres influenceurs et confrères critiques du pouvoir, tels que Boris Berthold, Nzui Manto et Paul Chouta. Dans cette bataille numérique, il a bénéficié du soutien d’autres figures pro-pouvoir comme Ernest Obama, Raoul Christophe Mbia et Raymond Barre Mekamba.

Son activisme s’est manifesté par des ripostes systématiques aux actions de l’opposition. Aux appels à manifester, il a opposé des contre-appels. Aux mots d’ordre de « Villes mortes », il a répondu par des appels aux « Villes vivantes ». Son audace l’a également poussé à lancer des critiques acerbes et directes envers des personnalités d’envergure telles que Maurice Kamto, Issa Tchiroma, Mgr Kleda ou Haman Mana.

Ce niveau de détermination est décrit par l’auteur comme étant illimité. Veillant constamment, Bidjang se positionne comme un « bouclier » ou un « fusible » pour le parti au pouvoir et ses dirigeants. Il a absorbé les attaques verbales et scripturales destinées aux caciques du sérail, permettant à des ministres, comme Jean de Dieu Momo, de se faire plus discrets durant cette période de forte tension électorale.

En jouant ce rôle de défenseur de première ligne, Bruno Bidjang a véritablement « mouillé le maillot » pour son candidat, allant jusqu’à déclarer qu’il partirait en exil si Paul Biya quittait le pouvoir. Cette posture, Malcom Barnabé Paho la définit comme l’essence même d’un supporteur inconditionnel, le « Pas le beb beb » selon son expression, confirmant la place centrale qu’a prise le journaliste dans l’échiquier médiatico-politique camerounais.

Arsène Nna

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