Projet CAMINA S.A. : Vers une économie minière sécurisée

Gazelle D'Afrique

Comment la Direction Générale des Douanes encadre les investissements structurants tout en resserrant l’étau contre les circuits clandestins, de l’or au minerai de fer.

Alors que le débat national fait rage autour des flux illicites et du trafic d’or qui privent l’économie camerounaise de ressources précieuses, la Direction Générale des Douanes (DGD) insuffle un nouveau dynamisme. En misant sur des partenariats industriels d’envergure, l’administration douanière démontre sa volonté inébranlable de formaliser le secteur extractif et d’imposer une traçabilité rigoureuse à toutes les échelles.

Le 23 juillet 2026, une séance de travail décisive a réuni le Directeur Général des Douanes, **FONGOD Edwin NUVAGA**, et les hauts responsables de l’entreprise **CAMINA S.A.** Au cœur de cette concertation : la présentation d’un projet d’investissement colossal dédié à l’exploitation du minerai de fer et au développement de la filière sidérurgique nationale.

L’ambition affichée par CAMINA S.A. dépasse la simple extraction minière primaire. Il s’agit d’un modèle intégré englobant une usine de traitement pour produire un concentré de fer, la mise en place d’un pipeline de 130 kilomètres reliant le site extractif au port pour un transport sécurisé et écoresponsable, et à terme, l’édification d’une véritable industrie locale de transformation de l’acier.

Impact Écologique et Logistique : Outre la réduction des émissions de gaz à effet de serre et du trafic routier lourd grâce au pipeline, ce mode d’acheminement industrialisé offre à l’administration douanière un contrôle absolu sur les volumes transportés, neutralisant les risques de soustraction frauduleuse inhérents aux transports routiers dispersés.

Cette concertation hautement stratégique intervient dans un contexte national marqué par des interrogations persistantes sur la porosité des frontières et le trafic illicite d’or. Dans les zones d’exploitation artisanale ou semi-artisanale, l’économie souterraine échappe encore trop souvent aux radars fiscaux, privant le budget de l’État de retombées substantielles.

L’objectif affiché de la Douane à travers ce type de dialogue constructif est double :

* Sécuriser la chaîne logistique en amont : En impliquant les investisseurs rigoureux dès les phases de conception des projets miniers, la DGD impose des standards de traçabilité technologique et administrative élevés. La centralisation des flux par des infrastructures canalisées (pipelines, usines fermées) rend la contrebande structurellement plus difficile.

* Redéfinir le rôle de la douane moderne : L’administration ne se limite plus à un rôle répressif ou purement fiscal aux frontières. Elle se positionne en véritable partenaire du développement économique et de la protection du patrimoine national. En soutenant la valorisation locale des ressources — qu’il s’agisse du fer ou des métaux précieux —, elle lutte indirectement contre le « tout-export brut » qui alimente les circuits mafieux.

« La formalisation des grands projets miniers et l’exigence d’infrastructures de transport sécurisées constituent le rempart le plus sûr contre la fuite illicite de nos richesses nationales. »

Les retombées économiques escomptées — création d’emplois, transferts de technologies, renforcement du tissu industriel et maximisation de la rente minière — ne peuvent prospérer que dans un climat de transparence et de sécurité juridique. En durcissant les exigences de conformité et en multipliant les synergies avec les industriels légaux, la Direction Générale des Douanes envoie un signal fort aux fraudeurs : l’ère de l’impunité et de l’opacité dans l’exploitation des ressources naturelles du Cameroun est révolue.

Arsène Nna 

 

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *