Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) tire la sonnette d’alarme suite à une série d’agressions visant des professionnels des médias, survenues en marge de la période de crise électorale. Constatant une multiplication des actes de violence et des tentatives d’assassinat, le SNJC rappelle que la presse n’est ni militante, ni adversaire politique, mais un pilier au service de l’information et de la démocratie. Le Syndicat interpelle les autorités et la communauté internationale pour garantir la sécurité des journalistes.
La couverture de la période de crise électorale en cours au Cameroun est devenue une mission à haut risque pour les professionnels des médias. Le Bureau Exécutif National du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (BEN-SNJC) a exprimé sa vive indignation suite à une vague d’incidents graves ciblant directement ses membres.
Le communiqué, rendu public hier mardi 28 octobre 2025, déplore plusieurs actes récents d’une « violence injustifiable avec destruction de matériel. » Parmi les victimes citées, figurent : Willy Michael Kingue de la chaîne de télévision LTM, agressé à Douala. Jean Blaise Tonye, également poignardé à Douala dans le quartier de New-Bell, alors qu’il sortait d’une mosquée, nécessitant une urgence médicale. Alain Ghislain Kanga de Canal 2 International, qui a échappé de justesse à un lynchage dans la localité de Japoma.
Pour le SNJC, ces agressions répétées et ces « tentatives d’assassinat » prouvent que les journalistes sont directement pris pour cible dans l’exercice de leur métier, en lien avec les tensions générées par la crise électorale.
Face à l’hostilité croissante, le Syndicat a tenu à clarifier le rôle de la presse. Le SNJC rappelle que le journaliste « n’est ni militant, ni adversaire politique. Il est au service de l’information juste, de la vérité et de l’intérêt général. » S’attaquer aux professionnels des médias dans ces circonstances, c’est ni plus ni moins « s’attaquer à la démocratie elle-même. »
En conséquence, le Syndicat lance un triple appel urgent : Aux Citoyens : Respecter la neutralité des journalistes et faire preuve de discernement face aux manipulations. Aux Autorités Publiques : Le SNJC exige que des mesures soient prises « sur toute l’étendue du territoire national » pour garantir la sécurité physique et professionnelle des hommes et femmes de médias. À la Communauté Internationale : Les organisations de défense des droits de l’homme sont priées de rester « vigilantes » face aux violations croissantes des libertés de la presse.
Le SNJC a enfin exhorté l’ensemble de ses membres à faire preuve de rigueur professionnelle, de prudence et d’un « esprit de solidarité » durant cette période critique. Le message de conclusion du Syndicat est limpide et fort : « La presse n’est pas l’ennemi. Elle est le miroir de la société. Ne le brisez pas. » Le combat pour la liberté d’informer est plus que jamais d’actualité au Cameroun.
Arsène Nna

