Yaoundé et Abu Dhabi : L’axe de l’émergence

Gazelle D'Afrique
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Le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, a reçu le 16 janvier 2026 à Yaoundé une délégation de haut niveau des Émirats Arabes Unis. Menée par le Dr Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, cette mission marque un tournant décisif dans la stratégie d’attraction des investissements directs étrangers, au service de la transformation structurelle de l’économie camerounaise.

L’effervescence des grands jours régnait dans les services du ministère ce vendredi 16 janvier. En recevant S.E. Dr Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, Ministre du Commerce Extérieur des Émirats Arabes Unis (EAU), Alamine Ousmane Mey n’a pas seulement sacrifié au rituel diplomatique. Cette audience de travail, point d’orgue d’un séjour entamé la veille, visait à concrétiser une alliance économique de premier plan entre l’Afrique centrale et le Golfe Arabique.

L’objectif est clair : transformer les excellentes relations politiques en un partenariat productif capable de générer de la richesse, des infrastructures et, surtout, des emplois pour la jeunesse camerounaise.

Pour donner corps à cette ambition, les deux parties ont balisé le terrain autour de cinq axes prioritaires. La discussion a d’abord porté sur l’augmentation des volumes de financements destinés à accompagner les grands projets de l’État. Mais au-delà de l’argent public, c’est le secteur privé qui est appelé à jouer les premiers rôles.

La mise en place d’un cadre structuré de coopération et la création de joint-ventures (entreprises conjointes) entre opérateurs camerounais et émiratis ont été largement évoquées. L’idée est de favoriser un transfert de savoir-faire technologique, notamment dans le développement des zones économiques et l’organisation de missions économiques croisées pour dynamiser le commerce bilatéral.

Le secteur énergétique, véritable goulet d’étranglement de l’industrialisation, figure en haut de la pile des dossiers. Les Émirats Arabes Unis, champions mondiaux de l’énergie, envisagent d’apporter leur expertise et leurs capitaux pour stabiliser et accroître l’offre énergétique au Cameroun. Un soutien de poids pour les secteurs productifs qui peinent encore à tourner à plein régime.

Cette accélération ne sort pas du néant. Elle s’appuie sur le socle historique du Fonds d’Abu Dhabi pour le Développement (FADD). Si le portefeuille actuel affiche un projet de 15 millions USD, les ambitions affichées ce 16 janvier suggèrent un changement d’échelle imminent.

Le terrain avait déjà été balisé par la signature récente d’un mémorandum d’entente avec le SGC Group of Companies Investment LLC. Ce document ouvre la voie à des investissements multisectoriels d’envergure, confirmant que le Cameroun est désormais une destination de choix pour les pétrodollars émiratis en quête de relais de croissance en Afrique.

Pour le gouvernement camerounais, ce rapprochement est une pièce maîtresse du puzzle de la Stratégie Nationale de Développement (SND30). Avec des besoins de financement estimés à 8 000 milliards de FCFA (environ 13,95 milliards USD) sur la décennie, le pays doit impérativement diversifier ses sources de capitaux.

En consolidant l’axe Yaoundé-Abu Dhabi, le Cameroun se donne les moyens de ses ambitions : bâtir une économie résiliente, inclusive et résolument tournée vers l’émergence.

Le chiffre à retenir : 13,95 milliards de dollars, c’est le montant global nécessaire pour financer la SND30, un défi que le partenariat avec les Émirats pourrait aider à relever plus sereinement.

Arsène Nna

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