Transition à l’APF : Nathalie Roy succède à Hilarion Etong

Gazelle D'Afrique

L’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) tourne une page importante de son histoire. Réunis au Cameroun pour leur 51ᵉ session générale, les parlementaires de l’espace francophone ont élu Nathalie Roy, actuelle présidente de l’Assemblée nationale du Québec, à la présidence de l’institution. Succédant au Camerounais Hilarion Etong, elle hérite d’une organisation en pleine mutation, appelée à répondre aux défis géopolitiques, sécuritaires et culturels d’un espace fort de près de 400 millions de locuteurs. Analyse des enjeux majeurs de cette transition et des chantiers prioritaires de la nouvelle présidence.

Le passage de témoin entre Hilarion Etong (Cameroun) et Nathalie Roy (Québec) n’est pas un simple exercice protocolaire. Il incarne le principe fondamental de rotation géographique qui régit l’APF, assurant un équilibre d’influence entre les parlements du Nord et du Sud.

En quittant la présidence, le Cameroun confirme son statut de pilier de la diplomatie parlementaire en Afrique subsaharienne. L’implication des plus hautes autorités camerounaises — notamment le Président du Sénat, Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, et le Très Honorable Théodore Datouo — démontre l’importance stratégique que Yaoundé accorde aux réseaux d’influence francophones comme vecteurs de sa propre diplomatie.

Lors de son premier point de presse officiel au siège de l’Assemblée nationale du Cameroun, la nouvelle présidente a tracé les contours de son mandat à travers **trois priorités majeures :

* Le renforcement de la paix démocratique :Dans un contexte mondial marqué par l’instabilité politique et la recrudescence des crises de gouvernance, l’APF souhaite s’affirmer comme un espace de médiation et de consolidation des institutions démocratiques.

*La valorisation de la jeunesse francophone : Face à une transition démographique majeure, notamment sur le continent africain, l’avenir de la langue française dépend de l’adhésion et de l’autonomisation économique des jeunes.

*La « découvrabilité » et la diversité culturelle : Concept cher au Québec, la découvrabilité à l’ère numérique est le défi du siècle pour la culture francophone. Il s’agit de garantir que les contenus francophones soient visibles et accessibles face à l’hégémonie des algorithmes anglophones.

« L’évolution de la francophonie se fera dans le dialogue, ceci pour le bien-être des populations francophones. »

Nathalie Roy, Présidente de l’APF

Un autre signal fort de cette session a été l’affirmation du leadership féminin au sein des instances de l’organisation. L’intervention de l’Honorable Lydienne Epoube, Première Vice-Présidente du Réseau des Femmes Parlementaires, témoigne de la volonté de l’APF d’institutionnaliser l’égalité des genres et de faire des femmes des actrices clés de la gouvernance parlementaire.

Le cadeau symbolique issu de l’artisanat camerounais remis à Nathalie Roy à la fin des travaux scelle visuellement cette alliance Nord-Sud : une collaboration que la nouvelle présidente souhaite placer sous le signe de l’écoute mutuelle et du partage d’expertises.

Si la session de Yaoundé s’achève sur une note d’optimisme et de cohésion, les résolutions adoptées devront rapidement se traduire en actions concrètes. La nouvelle présidence devra manœuvrer habilement pour maintenir l’unité de l’espace francophone face aux défis du **développement durable, de la sécurité numérique et de la crise de la gouvernance.

Le mandat de Nathalie Roy sera jugé sur sa capacité à transformer l’APF, souvent perçue comme une tribune de discussion, en un véritable levier d’impact législatif et économique pour les 400 millions de citoyens qu’elle représente.

Arsène Nna 

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *