Dans une démarche managériale visant à renforcer la stabilité financière régionale, la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) a décidé de porter le capital social minimum des banques de 10 milliards à 25 milliards de FCFA. Cette augmentation spectaculaire vise à rendre le système bancaire de la zone CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale) plus résilient face aux chocs économiques. Si les nouvelles banques devront se conformer à ce seuil dès 2026, les établissements déjà en place bénéficient d’un délai transitoire jusqu’à fin 2029 pour se recapitaliser, une réforme qui promet de transformer profondément le paysage financier de la sous-région.
La décision de la COBAC est une réponse directe à la nécessité de garantir une meilleure solvabilité des institutions financières. Le relèvement du capital social minimum à 25 milliards de FCFA, effectif au 1er janvier 2026 pour toute nouvelle implantation, est un signal fort : l’autorité de régulation veut s’assurer que les banques disposent d’une assise financière suffisamment large pour absorber d’éventuelles pertes, notamment celles liées aux créances douteuses.
L’objectif principal est de consolider la stabilité du secteur financier et, par extension, de mieux protéger les dépôts des clients dans les six pays de la CEMAC. Une banque plus solidement capitalisée est une banque plus sûre, réduisant ainsi le risque systémique pour l’ensemble de l’économie régionale.
Pour permettre une transition ordonnée, la COBAC a fixé un calendrier précis. Les banques actuellement en activité et qui n’auraient pas encore atteint ce nouveau seuil de 25 milliards de FCFA disposent d’un délai transitoire qui court jusqu’au 31 décembre 2029. Cette période de quatre ans doit leur permettre d’ajuster progressivement leur structure financière, le plus souvent en procédant à des augmentations de capital ou en mobilisant de nouveaux actionnaires.
Si la mesure est saluée par des organismes comme ANSA Media pour son effet assainissant, elle aura des répercussions majeures sur le fonctionnement macroéconomique et la structure du marché. D’un point de vue économique, des banques mieux capitalisées seront en mesure d’augmenter leur capacité de financement des économies locales. Avec des fonds propres plus importants, elles pourront accorder des crédits plus conséquents aux entreprises et participer plus activement au financement de projets d’infrastructures de grande taille, cruciaux pour la croissance de la sous-région.
Toutefois, ce relèvement pose des défis. L’obligation de recapitalisation mettra une forte pression sur les petits acteurs du marché. Plusieurs banques pourraient se retrouver contraintes de chercher de nouveaux partenaires ou d’envisager des fusions-acquisitions d’ici 2029. Cette consolidation pourrait entraîner une réduction du nombre d’institutions bancaires, créant un marché avec moins de concurrence, mais globalement plus solide et plus apte à opérer selon les standards internationaux de sécurité financière.
En définitive, la réforme est un pari sur la sécurité à long terme de l’économie de la CEMAC, exigeant des efforts de recapitalisation pour garantir un système financier capable de soutenir une croissance durable et de protéger efficacement l’épargne publique.
Abdel Nasser. I
