SODECOTON : Face aux vents contraires, l’audace de Mohamadou Bayero

Gazelle D'Afrique
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Alors que les changements climatiques et les menaces phytosanitaires font peser une hypothèque sur l’agriculture sahélienne, la Société de Développement du Coton (SODECOTON) ne baisse pas la garde. Sous l’impulsion de son Directeur Général, Mohamadou Bayero, l’entreprise se fixe un objectif historique : franchir la barre des 440 000 tonnes pour la campagne 2025-2026. Entre ambition industrielle et résilience face aux crises, décryptage d’une stratégie qui dépasse la simple culture du champ pour devenir un moteur de souveraineté économique nationale.

Dans le paysage économique camerounais, la SODECOTON n’est pas une entreprise comme les autres. Elle est un poumon social, un vecteur de stabilité et, désormais, le fer de lance d’une ambition industrielle renouvelée. Malgré une conjoncture marquée par des aléas climatiques sévères, la direction générale affiche une audace qui force le respect : viser un record de 440 000 tonnes alors même que la campagne précédente a été malmenée par les éléments.

Le véritable leadership ne se mesure pas à la navigation par temps calme, mais à la capacité de maintenir le cap dans la tempête. Sous la houlette de Monsieur Mohamadou Bayero, la SODECOTON fait preuve d’une résilience offensive. Là où d’autres auraient revu leurs ambitions à la baisse après le choc de 2024 (286 000 tonnes produites pour 400 000 espérées), le Top Management a choisi de réinvestir l’avenir.

Cette audace repose sur une lecture lucide de la SND30 (Stratégie Nationale de Développement). Pour le DG, l’objectif des 600 000 tonnes en 2030 n’est pas une option, c’est un impératif de souveraineté. Cette vision se traduit par un encadrement serré de près de 200 000 producteurs. En maintenant ces prévisions records, la direction insuffle une psychologie de la gagne au sein de la filière, transformant chaque difficulté en un levier d’apprentissage technologique et agronomique.

Franchir pour la première fois le seuil des 400 000 tonnes — et viser les 440 000 — n’est pas qu’une question de statistiques. Pour le Cameroun, ce gap représente un basculement majeur. Le coton contribue déjà à 14,1 % du PIB de l’agriculture d’exportation. Atteindre ce nouveau palier, c’est injecter des milliards de FCFA supplémentaires dans l’économie rurale du Grand-Nord.

Plus de coton, c’est plus de matière première pour les usines d’égrenage, plus de tourteaux pour l’élevage et plus d’huile pour la consommation locale. C’est surtout renforcer la position du Cameroun comme leader en Afrique Centrale, capable de dicter ses termes sur le marché international de « l’or blanc ».

L’analyse des chiffres récents montre une réalité cruelle : 11 000 hectares détruits en 2024 et une baisse de rendement de 300 kg/ha. Face à l’invasion des jassides et aux inondations, la SODECOTON change de paradigme. La vision du Top Management intègre désormais la recherche-développement comme un pilier central. L’enjeu n’est plus seulement de planter, mais de protéger.

L’entreprise travaille à sécuriser le revenu des producteurs, fragilisés par des pertes de 10 milliards de FCFA par an. En gérant les arriérés de recouvrement de 2 milliards de FCFA avec une approche à la fois rigoureuse et sociale, la direction générale évite l’effondrement du système de crédit agricole, garantissant ainsi que le paysan ne déserte pas ses terres au profit de cultures moins stratégiques.

Au-delà des 6 % d’exportations hors pétrole qu’elle représente, la SODECOTON est le symbole d’un Cameroun qui refuse de subir. Malgré les jassides, malgré les cieux capricieux, l’ambition portée par Mohamadou Bayero est un signal envoyé aux investisseurs : la filière cotonnière est solide, structurée et résolument tournée vers la modernité.

Si le défi des 440 000 tonnes est relevé en mai 2026, ce ne sera pas seulement la victoire d’une entreprise, mais celle d’un modèle de développement résilient qui place l’humain et l’excellence technique au cœur de la bataille pour l’émergence. La SODECOTON ne se contente plus de suivre la pluie ; elle trace son propre sillon vers 2030.

Abdoul Salam Moumini 

 

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