SND30 : Le FMI valide le cap industriel

Gazelle D'Afrique
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Alors qu’une mission du Fonds monétaire international (FMI) séjourne au Cameroun depuis le 29 janvier, les premiers échanges de haut niveau confirment une synergie entre les réformes de l’État et les exigences de l’institution. Entre discipline fiscale saluée et impératifs d’industrialisation dictés par la SND30, le Ministre Alamine Ousmane Mey et la délégation conduite par Christine Dieterich tracent les contours d’une économie camerounaise résiliente.

C’est un rendez-vous rituel, mais dont l’importance reste capitale pour la crédibilité financière du pays. Le 02 février 2026, les salons du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) ont servi de cadre à l’ouverture officielle des discussions. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mission de consultation au titre de l’Article IV, une procédure d’évaluation de la santé économique des États membres.

Autour de la table, Alamine Ousmane Mey et la Cheffe de mission, Christine Dieterich, ont passé en revue les piliers de la stabilité nationale. L’enjeu est de taille : s’assurer que les trajectoires de croissance actuelles sont non seulement soutenables, mais surtout capables de résister aux chocs extérieurs.

Le premier constat dressé par le FMI est encourageant. Christine Dieterich a qualifié les échanges de « très utiles et très productifs », marquant une satisfaction manifeste quant à la direction prise par Yaoundé. Le FMI a notamment félicité le Cameroun pour ses performances en matière de discipline budgétaire et fiscale.

Dans un contexte mondial incertain, le maintien de cet équilibre est une victoire pour le gouvernement. Cette discipline ne se limite pas à une simple gestion comptable ; elle est le gage de la confiance des investisseurs. La convergence de vues entre le MINEPAT et le FMI souligne une réalité : la consolidation des acquis macroéconomiques reste le socle indispensable avant toute ambition de croissance accélérée.

Au cœur des échanges figure la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Ce cadre de référence, qui vise la transformation structurelle de l’économie, a été le fil conducteur des discussions. Pour le gouvernement, l’objectif est clair : passer d’une économie de consommation à une économie de production. Pour ce faire, les deux parties ont insisté sur la nécessité de renforcer l’efficacité des investissements publics.

L’idée n’est plus seulement de dépenser, mais de dépenser « utile ». Les infrastructures de transport, d’énergie et de télécommunications ont été identifiées comme des priorités absolues. Ces secteurs constituent les leviers indispensables pour soutenir l’industrialisation massive et la création d’emplois pour la jeunesse.

Signe d’une approche inclusive, la mission du FMI a pris le pouls de l’économie réelle avant de rejoindre la capitale. À Douala, poumon économique du pays, les experts ont rencontré les acteurs du secteur privé. Le message des entrepreneurs est sans équivoque : pour que la croissance soit portée par le privé, il faut lever les verrous structurels. Le coût de l’énergie et la fluidité des transports restent des défis majeurs.

Pour le FMI, intégrer ces préoccupations dans les politiques publiques est essentiel pour garantir que la stabilité fiscale se traduise concrètement par une amélioration du climat des affaires.

Les travaux de la mission se poursuivront jusqu’au 12 février 2026. Durant cette période, des réunions techniques approfondies permettront d’affiner les prévisions de croissance à moyen terme. Le défi pour le Cameroun reste de transformer ses bons indicateurs en un bien-être social tangible.

En maintenant le cap de la discipline tout en investissant dans les secteurs productifs, le pays consolide son rôle de locomotive économique de la zone CEMAC.

Arsène Nna

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