Le message à la nation du 31 décembre 2025 a levé le voile sur une décision très attendue : la formation imminente d’un nouveau gouvernement. Quelques semaines après sa réélection d’octobre, le Chef de l’État entend traduire ses promesses de campagne en actes concrets. Entre besoin de sang neuf, impératif de probité et accélération des grands chantiers routiers, Paul Biya dessine les contours d’une équipe qui n’aura pas de temps d’observation. Analyse des enjeux d’un changement d’équipe qui se veut historique.
L’annonce n’est pas passée inaperçue : le Président a confirmé qu’il mettrait en place son nouveau gouvernement « dans les prochains jours ». Après un scrutin présidentiel qui a confirmé sa légitimité, Paul Biya veut marquer une rupture avec l’image d’un exécutif parfois jugé essoufflé. L’objectif est de : transformer la « Grande Opportunité » — son slogan de campagne — en résultats palpables pour les populations qui attendent des changements rapides dans leur quotidien.
Le Chef de l’État a fixé une barre très haute pour ses futurs collaborateurs. Finies les nominations basées uniquement sur l’équilibre politique ou régional ? Paul Biya a martelé que les qualifications, les compétences et surtout la probité seront les seuls juges de paix. Dans un contexte de lutte contre la corruption, les futurs promus devront afficher une moralité irréprochable.
On s’attend ainsi à une montée en puissance des technocrates, capables de piloter avec rigueur des dossiers complexes comme la reprise en main du secteur électrique.
Le pari du duo « Jeunesse-Expérience » est sans doute l’innovation majeure de ce discours : la volonté de concilier la fougue des jeunes et la sagesse des anciens. L’entrée des trentenaires et quarantenaires : Le Président semble avoir entendu le message de la jeunesse. On pourrait voir l’arrivée de visages neufs à des postes stratégiques liés au numérique, à l’entrepreneuriat et à l’innovation.
La garde prétorienne : En parallèle, les piliers de l’État, garants de la stabilité et de la sécurité, devraient rester aux commandes pour encadrer cette nouvelle génération.
Deux secteurs seront sous le feu des projecteurs dès la nomination du gouvernement : L’offensive routière : Le Président a fait de l’amélioration des infrastructures une priorité absolue. Le futur ministre des Travaux Publics aura la mission titanesque de lancer le « programme spécial de réhabilitation des axes dégradés ». Il s’agit de désenclaver les bassins de production et de rendre les routes urbaines à nouveau praticables.
La souveraineté énergétique : Avec le dossier chaud de la reprise de la société ENEO et la gestion du barrage de Nachtigal, le titulaire du poste devra garantir la fin des délestages pour rassurer les industries et les ménages.
En annonçant ce mouvement de grande ampleur, Paul Biya siffle la fin des débats post-électoraux. C’est un signal envoyé aux « marchands d’illusions » : le pouvoir est en marche et l’action gouvernementale doit reprendre ses droits. Ce futur « gouvernement de combat » a pour mission de verrouiller le septennat par l’efficacité, afin de répondre à la demande sociale et d’éteindre toute contestation par le résultat.
La Rédaction
