C’est une célébration mémorable et chargée d’émotions que la communauté Massa du Cameroun et du Tchad a vécue ce samedi 18 juillet 2026 à Yaoundé. L’intégration culturelle de l’Américain Pressley Alston, dont les tests ADN ont révélé l’origine Massa, transcende les frontières et symbolise la puissance intemporelle de l’identité africaine.
La résidence de Borne 11 Odza à Yaoundé, propriété de S.E. Mounouna Foutsou, ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique (MINJEC) et Président du Comité des Sages du Tokna Massana, a servi de cadre à cet événement exceptionnel. Personnalités politiques, diplomates, chefs traditionnels (Moulyana) et membres de la communauté s’y sont rassemblés pour un rituel d’accueil unique.
Habitant de Chicago (Illinois, USA) et actuellement Chef du détachement de la Marine à l’Ambassade des États-Unis au Cameroun, Pressley Alston a entrepris, comme de nombreux Afro-Américains, la quête de ses origines. Le verdict du matériel génétique, tombé le 17 janvier 2023, est sans équivoque : ses ancêtres appartiennent au peuple Massa.
Une prise de contact fortuite a mené à des échanges directs avec le Ministre Mounouna Foutsou. En quelques jours, la ferveur culturelle a fait le reste, aboutissant à cette grande cérémonie de retrouvailles familiales.
« Je suis très heureux de vivre cette cérémonie », a confié le MINJEC, visiblement ému. « C’est une véritable joie, une fierté que la culture soit au centre et célébrée d’une aussi belle manière. »
Le moment fort de la soirée a sans doute été le retrait des Moulyana (les chefs traditionnels) pour la consultation sacrée visant à attribuer un nom de baptême à leur fils retrouvé. À leur retour, le verdict est tombé sous les acclamations : Pressley Alston s’appellera désormais *GOUDJOUNA MASSANA*, ce qui signifie « Guerrier ». Un patronyme sur mesure pour ce haut gradé de l’armée américaine.
Pour Daniel Damna, coordonnateur du Festival International des Arts et de la Culture Massa (Tokna Massana), cet acte est hautement politique et historique :
« Désormais, vous n’êtes plus un visiteur, vous êtes un membre de la communauté Massa. En vous recevant, nous rendons hommage à tous ceux à travers le monde qui recherchent leurs racines. C’est la preuve que la culture demeure vivante malgré les épreuves de l’Histoire. »*
Créé en 2003 pour préserver l’unité et les valeurs des ancêtres, le Tokna Massana (dont la 11e édition est en cours de déploiement) prouve qu’il est aujourd’hui bien plus qu’un festival : une véritable institution de dialogue interculturel.
Cette cérémonie s’est déroulée en présence de figures de proue telles que S.E. Armando Kote Echuaca, Ambassadeur de Guinée Équatoriale au Cameroun, le chef traditionnel de 2e degré de Kilum Jakiri (Fon Njoyir), ainsi que l’Inspecteur Général du Ministère des Arts et de la Culture, Mme Ngeh Rekia, représentant le Ministre de tutelle. Tous ont salué une journée historique pour la culture africaine.
Au-delà de la fibre fraternelle, cette intégration s’inscrit en droite ligne avec les missions régaliennes de l’État camerounais. Le Ministre Mounouna Foutsou a rappelé que, conformément aux hautes instructions du Chef de l’État, S.E. Paul Biya, le MINJEC dispose de services dédiés à l’intégration de la diaspora.
À ce titre, le ministre a profité de l’occasion pour annoncer la tenue prochaine de la toute première édition du **Camp d’Intégration Nationale des Jeunes de la Diaspora (CINA-JEDI)**, qui se tiendra du 6 au 14 août 2026. Un rendez-vous majeur pour reconnecter les enfants du Cameroun à leur terre natale.
La cérémonie s’est achevée au rythme frénétique de la danse traditionnelle *Hatta Vun Massana* et par une photo de famille historique. Le commandant Alston, ou plutôt le guerrier *Goudjouna Massana*, a officiellement scellé son pacte avec la terre de ses ancêtres.
Arsène Nna









