Le 12 octobre 2025 restera gravé dans les annales politiques de Logone-Birni. Malgré une mobilisation colossale orchestrée par les leaders locaux, notamment Assana Abakar et le maire Abakar Brahim, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) a subi un revers inattendu : son candidat, Paul Biya, n’a terminé qu’en deuxième position. L’éclat des réalisations du maire a suffi à assurer une forte participation, mais pas à détrôner l’adversaire. Une course au coude-à-coude qui met en lumière les défis sécuritaires, logistiques et le besoin urgent de reconquérir la jeunesse face à un vote communautaire aiguisé.
L’élection présidentielle du 12 octobre 2025 qui constituait une échéance majeure pour le Cameroun, et la commune de Logone-Birni n’a pas dérogé à la règle. Cependant, loin d’être une simple formalité, le scrutin s’est transformé en un véritable choc politique pour le parti au pouvoir.
Nos reportages sur le terrain laisse paraître un bilan contrasté de la bataille électorale. Il révèle un duel serré, dont l’issue a surpris plus d’un observateur.
Malgré une organisation rigoureuse et une mobilisation observée comme importante, le candidat Paul Biya (RDPC) a été relégué à la deuxième place. Le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), Issa Tchiroma Bakary, a devancé le président sortant de 76 voix. Ce résultat, analysé par le parti comme la conséquence d’une « concurrence accrue », traduit surtout un vote communautaire massif, impulsé par des groupes de jeunes en faveur du FSNC.
Le taux de participation de 66% a souligné la vitalité démocratique de la commune, mais l’inversion du podium constitue un signal d’alarme retentissant pour le RDPC, l’obligeant à s’interroger sur l’adaptation de ses méthodes de campagne.
Si le candidat du RDPC n’a pas remporté le scrutin, le mérite d’une mobilisation de terrain exceptionnelle revient sans conteste aux figures clés du parti au niveau local. L’organisation rigoureuse mise en place pour la campagne a reposé sur l’engagement et la coordination de ses deux principaux leaders. Assana Abakar, Président de la commission communale de campagne, et son bras droit, Abakar Brahim, Vice-président de la commission et Président de la section RDPC de Logone-Birni, ont été les maîtres d’œuvre d’un dispositif de campagne structuré.
Dès la phase préparatoire, ils ont orchestré la réunion des troupes, la mise en place des sous-commissions sectorielles et la planification des actions. Le lancement officiel de la campagne, marqué par un meeting d’envergure à l’esplanade de la sous-préfecture, a témoigné de leur capacité à rassembler une « forte mobilisation ».
Le travail de terrain a été colossal, avec des équipes qui ont visité plus de 350 villages, multipliant les meetings, les collectes de fonds et les activités sociales. Leur professionnalisme et leur dextérité ont permis de faire entendre la voix du RDPC et d’assurer un score, certes insuffisant pour la victoire, mais extrêmement honorable compte tenu de la concurrence et des difficultés du contexte. La coordination a ainsi réussi à mobiliser ses militants malgré des défis notables liés à la sécurité et à l’accessibilité.
L’un des éléments majeurs qui a permis au RDPC de tenir tête à l’opposition féroce a été l’impact direct des réalisations du maire Abakar Brahim. En sa qualité d’exécutif communal, Abakar Brahim a su concrétiser l’engagement du parti en répondant aux attentes fortes des populations. Ces actions sur tous les aspects de la vie sociale ont constitué le socle de l’argumentaire du parti pour convaincre les populations lors de la campagne.
Infrastructures et Accessibilité : Le maire s’est attelé à l’amélioration du réseau routier et des infrastructures, répondant ainsi à l’une des doléances majeures de la population. Santé et Éducation : Les investissements dans ces secteurs clés ont été présentés comme des preuves tangibles de l’engagement du RDPC pour le développement humain. Cohésion Sociale : Ses actions ont cherché à consolider la paix, considérée comme une condition nécessaire au développement.
C’est en s’appuyant sur ces acquis concrets que le maire-vice-président de la commission a pu contrer les promesses de l’opposition. Ses réalisations ont servi de bouclier contre les discours des adversaires, prouvant que le RDPC n’était pas seulement un parti de slogans, mais un acteur du développement local.
Malgré l’efficacité de l’organisation et la preuve par l’exemple des réalisations du maire, la campagne a été lourdement impactée par une série de difficultés structurelles. Il s’agit notamment de l’accès difficile à certaines zones telles que Hinalé et le Yaéré, l’insécurité et les intimidations dans les zones de Dabanga, Kabo, et Tildé. Une Collaboration accrue avec les forces de sécurité reste de mise. Pour ce qui est de la déperdition des jeunes vers les partis adverses il est important de mettre sur pieds des programmes spécifiques d’encadrement et d’écoute.
Les problèmes logistiques pour les représentants Formation et soutien matériel renforcés, l’insécurité dans plusieurs secteurs a entravé le travail des équipes et la sécurisation du processus électoral. Surtout, la déperdition des jeunes vers les partis adverses représente le défi le plus critique pour l’avenir.
Le constat a été clair, le dispositif du RDPC a atteint ses limites face à des adversaires « dynamiques », qui ont su capitaliser sur le mécontentement de la jeunesse.
Le scrutin de 2025 à Logone-Birni est un appel à la réflexion et à l’action pour le parti au pouvoir. La mobilisation a fonctionné, mais la stratégie doit être affinée. Il est désormais question de reconquérir les Jeunes : Il est vital de développer des stratégies concrètes d’encadrement de la jeunesse et de l’impliquer davantage. Le parti doit créer des partenariats solides avec les associations de jeunes et les leaders communautaires.
Le RDPC doit renforcer sa présence et sa communication dans les zones enclavées, optimiser les moyens de campagne pour éviter les problèmes logistiques des représentants.
En définitive, malgré les efforts et la détermination sans faille des cadres locaux comme Assana Abakar et Abakar Brahim, Logone-Birni a délivré un message : le monopole politique du RDPC est désormais sérieusement contesté. La consolidation de la paix et l’amélioration de la gouvernance électorale demeurent des priorités pour un avenir où la compétition politique ne fera que s’intensifier.
Arsène Nna













